Genève ennuyeuse ? Go Out Magazine nous prouve le contraire

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Interview de Mina Sidi Ali et Olivier Gurtner, co-directeurs de Go Out Magazine

Parlez-moi un peu de vous, quel est votre parcours ?

Mina : J’ai suivi un double cursus à l’Université de Genève en Sociologie et en Relations Internationales avec une spécialisation sur l’Asie. J’ai fait un stage d’un an au Japon dans le cadre de mes études, c’était une très bonne expérience. Go Out Magazine a d’ailleurs un homonyme au Japon avec qui nous collaborons sur trois numéros par an. J’ai toujours écrit pendant mes études et par la suite, j’ai travaillé dans diverses agences de presse en tant que journaliste à Genève et journaliste correspondante au Japon. J’ai également collaboré à l’édition de trois guides, un pour les étudiants et deux pour les genevois, dont Le Renard sur la Lune.

Olivier : J’ai fait des études en Sciences-Politiques à Genève, suivi d’un Master en Journalisme à la Sorbonne, à Paris. J’ai eu plusieurs expériences, notamment aux Nations Unies au Service de l’Information et par la suite dans une agence de communication où par ce biais j’ai rejoint l’équipe de Go Out Magazine.

Comment est né Go Out magazine ?

Olivier : A la base c’était une agence d’édition qui avait crée ce magazine. Nous avons repris le titre sous forme d’association. Nous pensons que le format du magazine correspond bien au contenu.

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Pouvez-vous me donner quelques chiffres sur Go Out Magazine ?

Mina et Olivier : Nous avons dix publications avec 2 bimestrielles juillet-août et décembre-janvier. 7’000 exemplaires à chaque publication, 200 lieux culturels desservis gratuitement à Genève, comme Genève Tourisme. La vente se fait dans toute la Suisse romande via le réseau Naville. Les statistiques montrent que 40% des ventes sont hors du canton, ce qui est une très bonne surprise. Nous travaillons avec de nombreux festivals en Suisse romande, comme le Caribana Festival, Festi’Neuch et le Montreux Jazz Festival.

Go Out ! n’est pas seulement un magazine mais aussi un lieu culturel*, pouvez-vous m’en dire plus ?

Mina : On est privilégié d’avoir ce type d’endroit à Genève, où nous organisons chaque mois une soirée pour la sortie du nouveau numéro. On y convie tout notre lectorat mais aussi nos partenaires ce qui permet des échanges entre les différents protagonistes culturels. Dans notre espace nous exposons aussi des artistes, cela peut être sur tout support, de la céramique en passant par l’illustration ou la peinture. Ce genre d’exposition permet de mettre en avant les artistes genevois, débutants ou confirmés. Notre espace peut aussi se louer ou accueillir des conférences de presse, par exemple.

Olivier : Les soirées que nous organisons sont ouvertes à tous. Très prochainement, nous en organisons une le 2 mai à l’occasion de la Nuit des Bains qui un est événement culturel important dans le quartier des Bains à Genève. Le 7 mai en partenariat avec le Grand Théâtre, nous organisons une soirée à thème sur les années 60. Quant à notre lieu culturel, nous travaillons aussi avec des partenaires comme le Wagner Festival qui a organisé un événement dans nos locaux.

Quelle est la partie la plus agréable de votre métier et pourquoi ?

Olivier : La partie la plus intéressante c’est de voir à quel point on peut mettre en valeur la richesse culturelle à Genève ainsi que la création, la production et de constater que les gens font le nécessaire pour rendre la ville plus vivante.

Mina : Nous avons une équipe incroyable qui est jeune, motivée, dynamique ce qui rend l’ambiance de travail des plus agréables. C’est un plaisir de venir travailler tous les jours. Je tiens d’ailleurs à mentionner les noms de toute notre équipe pour les remercier du travail formidable qu’ils fournissent !

Très bien, ce sera fait à la fin de l’article !

Quelles sont les difficultés rencontrées dans ce métier ?

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Olivier : Travailler dans la culture demande beaucoup de temps. C’est un domaine où on ne compte pas ses heures, car on adore ce que l’on fait mais on veut aussi faire les choses bien.

Mina : La difficulté première a été de s’imposer au début et travailler avec des partenaires qui  nous fassent confiance et collaborent avec nous. Aussi, il n’est pas évident de devoir tout gérer en même temps avec une structure relativement petite.

Quelles sont les compétences requises et la formation pour exercer ce métier ?

Olivier : Le premier point important avant tout c’est l’ouverture d’esprit et l’envie de communiquer. Les compétences plus techniques peuvent s’apprendre et se développer par la suite. En ce qui concerne les études, les sciences humaines semblent appropriées ou tout autre formation artistique. Nous avons ici des stagiaires qui travaillent dans le cadre de leur formation.

Mina : Il faut être assez curieux et polyvalent, car il y a du journalisme, de l’écriture, de la communication. Il n’y a pas vraiment de profil type, ça marche aussi au feeling. Nous avons des employés qui travaillent en fixe chez nous mais aussi à la demande en free-lance.

Selon vous pourquoi entend-on souvent que Genève est une ville ennuyeuse ou rien ne se passe ?

Olivier : Effectivement, il y a beaucoup de critiques dont certaines sont fondées, car il y a un réel clivage entre rive droite et rive gauche. L’immense majorité des musées et théâtres est concentrée sur la rive gauche. La rive droite a un autre type de culture et je pense que les deux ne dialoguent pas assez. L’autre point est la qualité incontestable des endroits culturels comme le Musée d’Art et d’Histoire par exemple, mais certaines institutions ne communiquent pas suffisamment pour se faire connaitre du grand public.

Mina : J’ajouterais qu’avant Go Out Magazine, il n’existait pas d’autre support qui synthétisait toutes ces informations culturelles. Notre objectif justement c’est de faire collaborer ces institutions, les mettre en avant, pour montrer aux genevois que ces a priori ne sont pas justifiés.

Le chat Hermès est toujours présent dans le magazine, quel est son rôle ?

Mina : Hermès est mon chat et il gère une rubrique à lui tout seul ! Sa présence apaise toute l’équipe. L’autre raison est qu’à travers ses articles, Hermès exprime d’une manière plus ou moins objective certaines opinions. Cela permet d’avoir un peu de distance et de critiquer certains sujets.

Olivier : Hermès c’est comme une mascotte pour notre magazine et il faut dire qu’on a eu que des commentaires positifs à son sujet.

Le magazine fête ses 1 ans d’existence, comment voyez-vous l’avenir de Go Out Magazine ?

Olivier : Nous avons déjà plusieurs pistes. A court terme, nous avons un site internet (www.gooutmag.ch) qui va changer et qui sera aussi adapté pour téléphone mobile et tablette numérique. A long terme, nous aimerions avoir plus de contenus.

Mina : Nous pensons faire évoluer le magazine en bilingue, français-anglais. Nous aimerions aussi accroitre et consolider nos collaborations, ainsi qu’avoir un agenda le plus exhaustif possible et accessible en ligne sur notre site internet.

*Rue du Diorama 16, 1204 Genève

Collaborateurs : Céline Zamora, Manon Barraud, Margaux Mosimann, Mayla Chevrolet, Hervé Annen, Nicolas Schopfer, Jadd Hilal, Andrea Machalova, Meret Watzlawick, Gulia Rumasuglia, Vincent Magnenat et bien sûr Hermès.

Source : Go Out Magazine

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