Immunologiste : un métier à plusieurs facettes

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immunologisteNous vous avons expliqué ce qu’est l’immunologie, mais dans quels domaines exerce l’immunologiste ? Pour rappel, un immunologiste désigne soit le médecin qui soigne les patients atteints de désordres du système immunitaire, soit un scientifique qui étudie ce système.

En ce qui concerne le médecin-immunologiste, “les choses sont claires”. Il a des patients concrets qui ont des maladies concrètes. Il faut les guérir ou du moins, retarder la progression de la maladie.

Notons cependant que les médecins-immunologistes, eux aussi, peuvent … “attraper un virus de la recherche” et se consacrer – en partie ou exclusivement – “à l’étude du système immunitaire”. Ils deviennent donc des chercheurs.

Focalisons-nous sur les chercheurs-immunologistes et en particulier, sur leurs domaines de compétences. Nous schématisons et la science et le métier, car la réalité, comme dans tous les domaines, est beaucoup plus complexe.

 

Objet(s) de la recherche en immunologie

Le système immunitaire est sophistiqué. L’immunologie en tant que science « a dû » se former comme une discipline vaste, mais bien structurée.

Ces deux axes majeurs sont l’immunologie humaine et l’immunologie animale.

Nous nous concentrerons sur l’immunologie humaine qui compte elle-même plusieurs axes :

  1. Les études du système immunitaire « lorsque tout va bien » ou chez un sujet sain. Ces études vont du développement embryonnaire, en passant par la pédiatrie et les adultes, jusqu’aux personnes âgées (en gériatrie).
  2. Les études du système immunitaire dans le cadre d’une maladie donnée. Ces études sont appelées “les études en pathologie”. Elles peuvent également avoir lieu dans un cadre de facteurs précis, tels que la pollution, l’irradiation, certains traitements – comme p.ex., la chimiothérapie, etc.

 

Comment faire de la recherche en immunologie

La recherche en immunologie humaine peut être effectuée sur des cellules humaines ou animales (études in vitro) ou sur des animaux de laboratoire (études in vivo). Souvent, ces deux types d’études sont menés en parallèle au sein de la même équipe.

Il est important de préciser que (fort heureusement!) la législation sur l’expérimentation animale est très stricte en Suisse.

Elle est basée sur le principe de « 3R »: réduire, remplacer et raffiner (« to reduce, to remplace, to refine », ). Cela signifie réduire le nombre d’animaux à utiliser au strictement nécessaire ; remplacer, dès que c’est possible, l’expérimentation animales par les études in vitro ; affiner les protocoles de recherche afin de diminuer le nombre de tests et obtenir des résultats de meilleure qualité.

Lorsque le but est de créer de nouveaux traitements, ces études in vitro et in vivo sont appelées « les études précliniques ».

Si les résultats de ces études sont encourageants, ils font l’objet d’un contrôle rigoureux pour obtenir une autorisation de commencer les essais cliniques  auprès de l’Institut suisse des produits thérapeutiques (SWISSMEDIC).

 

Les objectifs de la recherche en immunologie

Citons quelques buts concrets que ciblent la recherche en immunologie :

  1. Soigner les malades (élaborer des nouveaux traitements, réaliser des essais cliniques…)
  2. Améliorer les outils existants ou inventer de nouveaux outils du diagnostic
  3. Assurer le diagnostic au sein de la population (analyses de laboratoire)
  4. Transmettre des connaissances et former de nouvelles générations de spécialistes
  5. Assurer le contrôle qualité dans de multiples domaines, comme celui de la santé ou de l’agro-alimentaire
  6. Assurer la veille épidémiologique de la population et la prévention des maladies
  7. Assurer la veille pharmacologique (pharmacovigilance) pour les nouveaux médicaments, les médicaments déjà existants ou les médicaments à amener sur le marché de l’étranger

 

Dans quel secteur exercent les immunologistes

Dans la majorité des cas, ces secteurs sont liés entre eux, soit par la particularité de leurs structures (par exemple, les centres hospitaliers universitaires), soit par des liens de collaboration. Voici donc leur liste non exhaustive :

  1. Le secteur académique faisant de la recherche : universités, centres ou instituts de recherches
  2. L’enseignement
  3. Le milieu hospitalier : hôpitaux, cliniques spécialisées, laboratoires d’analyses
  4. Le secteur industriel dans le domaine “médical et biopharmaceutique” ou encore “agro-alimentaire et vétérinaire”. Ce secteur inclut notamment les compagnies pharmaceutiques et celles de biotechnologie ; les multinationales, les start-up-s, les CROs (contract research organisations) et les spin-off- s (les sociétés-filles devenues indépendantes financièrement de la société d’origine).
  5. Les structures d’état, comme les départements de la santé et de la veille sanitaire, les offices vétérinaires, les offices de la sécurité agro-alimentaire cantonaux et fédéraux
  6. Les organisations internationales à but non-lucratif, comme l’OMS, « La Croix Rouge », « Médecins sans frontières », etc.

Par conséquent, les secteurs d’activité des immunologistes sont extrêmement nombreux. Les chercheurs en immunologie possèdent des connaissances variées et multiples.

Formés à faire un travail d’abstraction et de synthèse scientifique, ce sont des personnes tout aussi manuelles que polyvalentes. Cette particularité, couplée à la transversalité des domaines rend ce métier vraiment spécial dans le monde de travail.

Photo credit : luvqs via pixabay.com

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Maka Burjanadze About Maka Burjanadze

Mon parcours professionnel pourrait se résumer en trois mots-clés: la curiosité scientifique, l’adaptabilité et… un brin de perfectionnisme.

Immunologiste de formation, j’ai réalisé ma thèse de doctorat à l’Université de Montpellier sur le système immunitaire face au cancer. De plus, je m’intéresse également au management, au contrôle qualité, à la gestion documentaire et réglementaire.

Ces expériences professionnelles – et dans le secteur académique, et dans l’industrie – se complètent, s’en suivent et s’en enrichissent mutuellement. Elles font de moi une personne “multidisciplinaire” que je suis, avec un esprit analytique (je l’espère bien!) et un sens de la synthèse prononcé.

Immuno-oncologie/ Recherche pré-clinique/ Recherche clinique/ Contrôle qualité/ Santé publique

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