Interview avec Abdoulaye Barry: Fondateur de YMO

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Interview avec Abdoulaye Barry: Fondateur de YMO à l’occasion des Assises de la Transformation Digitale en Afrique Genève 2022

A propos de YMO

YMO est une solution d’inclusion financière destinée aux populations implantées sur le continent africain, tout comme la diaspora d’Europe. Elle a vu le jour en 2019.

Partant du constat que des millions de personnes sont aujourd’hui exclues du système bancaire et financier, YMO, solution 100% numérique, s’est donnée pour mission de révolutionner le quotidien de ces personnes pour leurs transferts d’argent et leur trafic de paiements, en ayant recours aux nouvelles technologies.

La bi-bancarisation

La bi-bancarisation, c’est la possibilité pour un expatrié de pouvoir bénéficier de services bancaires à la fois dans son pays d’accueil et dans son pays d’origine. Formulé de cette manière, cela paraît simple et facile. Dans les faits oui. Mais pas pour l’Afrique et sa diaspora, comme nous l’a expliqué M.Barry.

« A notre sens, les avantages de la bi-bancarisation sont multiples, à la fois pour nous, les membres de la diaspora, mais aussi pour nos parents bénéficiaires de nos flux, sans oublier l’intérêt que cela représente pour nos pays d’origine mais également pour nos pays d’accueil.

Ainsi, si nous prenons le cas des membres de la diaspora, les avantages pour eux seraient une réduction des coûts des transferts d’argent, lesquels sont actuellement les plus élevés au monde.

S’agissant de nos parents et familles, bénéficiaires de ces fonds : au lieu que les fonds reçus ne servent uniquement qu’à leur consommation, ils pourraient aussi leur servir à constituer un track record, leur permettant d’accéder à du crédit.

Pour nos pays d’origine, la bi-bancarisation est un moyen de mieux structurer cette manne de devises étrangères.

Enfin, pour nos pays d’accueil, tels que la Suisse, c’est un moyen d’avoir une traçabilité des flux permettant aux régulateurs de les contrôler. Et notamment de vérifier que ces flux respectent bien les dispositifs réglementaires en matière de lutte contre le blanchiment d’argent. »

En définitive tout le monde est gagnant.

Les défis et les obstacles à cette bi-bancarisation

En parlant des défis et des obstacles de la bi-bancarisation, M. Berry a déclaré :

« Pour nous fintechs africaines, les obstacles sont avant tout d’ordre infrastructurels.

Les banques européennes montrent une certaine réticence à nous ouvrir des comptes de cantonnement et parfois même de simples comptes de fonctionnement, dès-lors que notre activité a un lien avec le continent africain et alors même qu’aucune disposition réglementaire ne leur interdit de le faire.

La majeure partie des banques européennes préfèrent pratiquer une politique de de-risking vis-à-vis du continent, arguant du fait qu’il leur est impossible d’identifier les bénéficiaires effectifs des fonds envoyés en Afrique.

Elles n’ont pas totalement tort sur ce point, lorsque l’on sait que les citoyens de la plupart des pays africains n’ont pas de document d’identité. C’est un véritable problème qu’il ne faut pas nier.

Toutefois, il convient de ne pas généraliser ce fait, car il y a des pays en Afrique qui sont avancés dans l’identification de leurs concitoyens.

Ensuite, dans la totalité des pays africains, il y a au moins une partie de la population qui dispose de documents d’identité valide. Il ne faudrait donc pas exclure cette partie la population qui peut, elle, légitimement disposer de services financiers.

Et c’est justement là qu’interviennent les fintechs comme YMO, car nous sommes en mesure de nous adresser à cette population tout en respectant les cadres réglementaires internationaux. »

Crédit photos : cio mag

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Haykel Elmontasser Haykel Elmontasser

Je suis un journaliste de terrain polyvalent avec une solide expérience en montage et prise de vues. Ayant surtout travaillé pour la télévision, où j’ai exercé tous les styles journalistiques, j’ai également travaillé pour la presse digitale et la radio.

J’ai couvert de grands évènements sportifs tels que la Champions League Africaine et la Coupe du Monde des Clubs, ce qui m’a permis de faire des correspondances pour la presse tunisienne dans une vingtaine de pays.

Ce que j’aime le plus dans mon métier, c’est relever le défi que représente chaque reportage.

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