La peur, ce moteur inconnu, mais essentiel à l’homme

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peur neuroneComme l’a dit très justement Einstein, “La peur bloque la compréhension intelligente de la vie” et aucun de nous n’aiment être bloqué ou paraître impuissant face à une situation, qu’elle soit professionnelle ou personnelle, peu importe la nature de celle-ci. Alors pour ne pas nous montrer démuni d’intelligence sur le chemin de vie que nous empruntons, il serait peut-être finalement assez utile de se pencher sur les différents mécanismes de la peur, les sous-catégories qu’elle peut contenir et des différents aspects que la peur peut prendre (que se soit le stress ou cette peur que nous nous infligeons par plaisir). Sans néanmoins tenter de comprendre si les recherches en neurosciences permettent aujourd’hui à nos spécialistes de trouver un traitement pour chaque pathologie afin d’aider les personnes atteintes de phobies ou de troubles anxieux (qui sont des peurs, par extension), de pouvoir faire face au quotidien qui peu s’avérer compliqué, voir impossible selon le degré du trouble.

La peur, qu’est ce que c’est?

La peur est un instinct de survie. De façon générale, la peur se déclenche face à une situation anormale (stimulus) qui pourrait nous nuire. C’est une émotion ressentie face à un danger ou une menace. Ses manifestations sont assez faciles à comprendre, mais presque impossible à reproduire en laboratoire. C’est pour cela que les scientifiques accordent beaucoup d’importance aux expériences personnelles et aux croyances populaires. L’esprit humain est fait de telle sorte que nous avons une sorte de “mémoire de la peur”, ce qui sous-entend qu’il existe une origine évolutive profonde aux peurs qualifiées d’universelles (peur des serpents, des araignées, de l’eau…). La peur, contrairement aux idées reçues est essentielle à l’homme, car elle lui permet d’avoir la capacité de reconnaître le danger et ainsi de pouvoir le fuir ou le combattre.

Des caractéristiques physiologiques types décrivent que nous sommes en état de peur, comme les tremblements, les frissons, les sueurs froides ou un changement des rythmes respiratoire et cardiaque. Cela est dû à une sécrétion d’adrénaline (principale hormone de la peur). Certaines peurs plus violentes peuvent avoir des effets beaucoup plus graves qu’un simple cri. En effet, elles peuvent conduire à une paralysie momentanée, ou à une perte de conscience.semaine peur

Neurobiologiquement, la peur est un simple système déclenché par l’organisme à un moment précis. Il se schématise de façon assez simple et fait appel à l’amygdale essentiellement, (située au niveau des lobes temporaux) qui ne se déclenche qu’en situation de danger imminent. Pour ce faire, il emprunte deux chemins:

  • Le premier chemin, le plus court passe par les organes sensoriels (peau, yeux, oreilles), puis par l’amygdale et enfin par une réponse émotionnelle. Généralement, celle-ci se transcrit par une perception grossière et très rapide de la situation. A aucun moment, le cortex (centre de réflexion) n’intervient, ce qui signifie que notre corps va avoir une réaction émotionnelle face au stimulus et non réfléchie.
  • Le chemin un peu plus long, le second passe par le cerveau qui traite l’information, en analysant la situation, en faisant appel à des souvenirs (grâce à l’hippocampe) de cas, de lieux, de contextes similaires… L’amygdale précise donc s’il s’agit d’un véritable stimulus menaçant ou s’il n’y a pas lieu de s’inquiéter.

Le stress est souvent associé à la peur. Il est inévitable de stresser face à quelque chose qui nous effraye. Les symptômes sont d’ailleurs assez similaires. Mais le stress agit-il de façon identique sur notre corps et notre cerveau?

Et si le stress nous faisait peur?

Le stress est un mécanisme de réponse qui amène à différentes émotions. On reconnaît deux sortes de stress, un négatif et un positif. Il est la réponse de la part de l’organisme soumis à des pressions ou à des contraintes le plus souvent de source environnementale.

Comme la peur, le stress est très utile. Même s’il a une connotation négative, dans les faits, il a une fonction très utile qui peut être parfois un peu désagréable. Mais comme le dit l’adage, “point trop n’en faut”. Comme pour tout, un verre ça va, trois verres bonjour les dégâts… Le stress est considéré aujourd’hui comme le “mal du siècle”. Beaucoup de personnes se sont donc penchées sur la question, afin de trouver différents traitements ou alternatives pour s’en débarrasser.

En premier lieu, il est primordial pour l’homme de savoir gérer son stress, ainsi il ne sera pas handicapé dans son quotidien. Alors quels sont les moyens pour lutter contre le stress? Beaucoup vantent les mérites de la respiration et de la relaxation ainsi que de la bonne gestion du temps. Dans certains cas, nous pouvons aussi trouver des techniques d’affirmation de soi. Il a été effectivement prouvé que les gens pouvaient être stressés suite à la frustration d’être mal compris. Ses techniques aident donc la personne à faire « passer » son message plus clairement,afin que son interlocuteur puisse l’assimiler de façon correct.

Effectivement, le stress dépend du type de stimulus (facteur de stress réel ou imaginaire qui va menacer l’intégrité et l’équilibre de notre organisme), de l’intensité et de la durée de celui-ci, de l’état de l’organisme au moment M, ainsi que de notre patrimoine génétique et de nos expériences. Selon le type de stimulus, notre réponse au stress se fait en trois phases la plupart du temps. En premier lieu, la phase d’alerte est très rapide (il y a une urgence). Celle-ci est suivie de la phase de résistance pendant laquelle toutes les réactions se mettent en place pour gérer et faire face (endurance). Enfin, la phase d’épuisement avec une capacité insuffisante pour faire face au stress (Burn Out). Lorsque nous sommes soumis à un stress (au même titre qu’à une peur), le cerveau est mis en état d’alerte en quelques millièmes de secondes.

peur shemaPour être plus technique, c’est ce qui marquera un changement d’activité électrique du cerveau et à partir du locus ceruleus (entouré en rouge sur le schéma), il y aura une production de noradrénaline. Celle-ci mettra en alerte et stimulera plusieurs régions de notre cerveau. Ce à quoi s’ajoute l’axe endocrinien du stress, qui libère tour à tour sur son passage différents types d’hormones pour enfin arriver à la stimulation du système sympathique avec la production d’adrénaline. Cette apparition a comme effet physique une accélération cardiaque, une montée de la tentions artérielle et la contraction de tous les muscles de nos membres.

Le stress ou la peur au final, c’est un peu le même combat pour notre cerveau. Un signal est envoyé, interprété et enfin retranscrit par notre corps. La plupart du temps la peur et le stress sont totalement indépendants de notre volonté et nous sommes par définition pris par surprise. Si pour certaines personnes ces libérations d’hormones sont désagréables, d’autres ont tendance à en redemander.

Qui sont ces gens qui cherchent à avoir des montées d’adrénaline de façon délibérée? Leur cerveau réagit-il comme le nôtre? Les signaux sont-ils différents? Plus intenses ou justement plus inhibés?

La peur plaisir ou cet amour pour l’adrénaline…

Comme l’a très justement dit Pierre Benghozi : « Prendre des risques est structurant, se mettre en danger est destructeur ».

A l’adolescence, beaucoup cherchent à repousser les limites toujours plus loin sans être conscient des risques. Ceci est peut-être dû à des libérations spécifiques d’hormones en rapport avec leur passage de l’enfance à l’adolescence, mais il n’existe pas encore de preuves scientifiques.

Mis à part les adolescents, certaines personnes à l’âge adulte gardent encore ce plaisir du grand frisson. En toute logique, pour que cette montée d’adrénaline soit vécue comme un plaisir et non comme une peur, il faut que le milieu soit sécurisé ou factice (saut en parachute, grand huit, film d’horreur). Ces personnes ont le sentiment d’exister et de donner un sens à leurs vie, certainement grâce à la pseudo proximité qui est créée avec la mort.

D’après Zuckerman (professeur de psychologie à l’Université de Delaware, aux Etats-Unis, et spécialiste des questions liées aux sensations), ce goût de sensations fortes qu’il appelle « sensation seeking » peut se trouver directement dans la physiologie de l’homme. La recherche de sensations fortes serait donc en effet un trait de caractère qui se manifesterait par une stimulation. Mais alors quels sont les critères neurobiologiques, qui font que certains groupes de personnes sont attirées par les sensations fortes ?

Dans un premier temps, il y a bien sûr la nouveauté, chaque stimuli conduisent à de nouvelles sensations. La recherche de l’intensité aussi est un moteur principal. Ceux-ci sont suivis de près par la complexité et la variété des stimuli. Le sujet qui se prête aux sports extrêmes, ou à toutes autres activités qui procurent des montées d’adrénalines est soumis à quatre différentes dimensions de la sensation : le frisson, la nouveauté, l’action de façon désinhibée (perte de contrôle) et la fuite de la routine (susceptibilité à l’ennui).

Et nos neurones dans tout ça ?

Nous parlerons plutôt de réseaux neuronaux. Il existe deux aires profondes à l’intérieur du cerveau qui produisent de la dopamine. Cette hormone octroie aux stimuli externes un intérêt particulier (saillance pour les scientifiques), une sorte d’incitation aux stimuli afin qu’ils agissent.

L’insula (partie du cortex cérébral qui constitue l’un des lobes du cerveau) se spécialise dans le traitement de l’information à l’intérieur du corps.

Le cortex préfrontal est le chef d’orchestre ! Il planifie et dit stop, anticipe et régule les montées importantes et se donne le droit de nous stimuler en cas de fatigue… Toutes ces régions jouent un rôle dans la recherche de sensations.

Nous pouvons donc aisément dire que la peur amie est adaptative, elle a ses avantages et ses inconvénients.

En effet, elle a permis l’évolution humaine, la sociabilité, l’ouverture d’esprit et le courage (les soldats qui montent au front en sont le meilleur exemple) et enfin la spontanéité. Mais cette peur positive va aussi pousser à une évaluation du risque biaisé, des accoutumances et des dépendances à des substances illicites et néfastes pour soi comme pour les autres, et donc par définition elle pousse l’individu en question à avoir un comportement à risque au sein de la société.

La peur est donc représentée sous diverses manières. Elle est avant tout utile à la survie de l’individu, bien que désagréable. Les scientifiques tentent de trouver des solutions qu’elles soient médicamenteuses ou plus douce. Tous stimuli est le point de départ d’un long cheminement cérébral avec les répercutions physique et psychiques adaptée dans la majorité des cas. Apprendre à gérer ses peurs et son stress permet une vie plus saine, que ce soit dans la vie personnelle ou professionnelle.Dans ce vaste domaine qu’est la peur, nous trouvons aussi les troubles anxieux et les phobies. Sont-elles diagnostiquées par le corps médical comme maladies ? y a-t-il des solution afin de les gérer de manière autonomes et sans l’aide de médicament et de risques d’addiction ?

Sources:

http://www.lasemaineducerveau.ch/wordpress/?page_id=1033

http://lecerveau.mcgill.ca/flash/i/i_04/i_04_cr/i_04_cr_peu/i_04_cr_peu.html#2

photo credit: Mukumbura via photopin cc

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