La vision d’un jeune entrepreneur : Interview du fondateur de WT Island

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WT IslandWilliam, originaire du Cameroun, a eu un parcours des plus atypiques. Ancien basketteur professionnel venu de Paris, il a débuté sa carrière à l’âge de 14 ans. Au cours de son évolution sportive dans différents clubs de basket, William a pu sillonner l’ensemble du globe. Ses divers voyages lui ont, entre autres, permis de découvrir les différences culturelles et de façonner sa manière de percevoir le monde, plus précisément celui de la mode.

Nous l’avons rencontré afin de connaître sa vision sur l’entrepreneuriat et sur ses aléas.

 

Naissance d’une idée et reconversion

Du haut de ses deux mètres avec un gabarit comparable à un basketteur de la NBA, nous lui avons demandé pourquoi il a eu envie de lancer sa boutique de prêt-à-porter, au détriment de ses baskets Jordan.

Il nous a répondu que l’inspiration lui est venue de sa mère, qui est une créatrice de vêtements et dont les tenues sont fabriquées à partir de tissus africains. « C’est une femme d’affaires hors pair. J’ai toujours été fasciné par sa manière de gérer son business. », nous confie-t-il.

En 2006, il est arrivé à Genève pour le basket. Lorsque il sortait en club avec ses collègues de basket, il s’est rendu compte que la plupart des demoiselles étaient habillées de manière classique. Certaines d’entre elles étaient vêtues en t-shirt, jeans et baskets. Il trouvait surprenant ce style décontracté. William s’explique « Cela m’avait choqué, car il y avait un contraste démesuré avec les tenues vestimentaires de la gente féminine aperçues durant mes sorties en boîte, que ce soit aux Etats-Unis ou dans d’autres pays d’Europe. Là-bas, les femmes s’habillaient de façon classe et sexy à la fois. »

Suite à une blessure au genou à l’âge de 29 ans, il a été contraint d’arrêter le basket. Après sa convalescence en 2009, il ne pouvait plus jouer en pro. Il ne s’y n’attendait pas parce qu’il avait encore six ou sept ans de basket devant lui. Bien que cette situation n’ait pas été évidente, il a dû y faire face en trouvant rapidement une reconversion.

 

Les débuts de WT Island

Au début, il organisait des ventes privées chez lui ou se déplaçait chez les clientes. Il a commencé cette activité au plus bas de l’échelle. William raconte : « Je me rappelle encore lorsque des modèles portaient mes robes et je m’improvisais photographe avec mon téléphone portable. Ce n’était pas facile tous les jours, mais les efforts ont payé puisqu’aujourd’hui j’ai une boutique, et que ma marque, WT Island est assez connue. Toutefois, ce n’est que le début. Je compte persévérer. »

William n’a pas spécialement de mentor ou d’un modèle en particulier. Par contre, il suit tous ceux qui ont créé des entreprises ou des marques. S’enthousiasme : « J’adore cela. Je regarde diverses émissions qui m’inspirent également beaucoup. »

WT Island

 

Le financement

Personne ne l’a aidé durant les premières années. Il a commencé sa start-up avec ses économies. Lorsqu’il jouait au basket, il considérait cette activité comme étant accessoire. Les premiers mois il ne vendait pas plus de trois robes, mais il était content ! Il tient à souligner : « Au début, mon accomplissement personnel consistait à entreprendre une activité indépendante dans le prêt-à-porter. A l’aide de mon épargne, j’ai eu la motivation d’acheter mes premières marchandises destinées à la vente. Je ne pensais pas du tout à démarcher des personnes dans le but d’obtenir des fonds. » Finalement, les personnes qu’il a eu à convaincre étaient ses clientes.

 

Développer un réseau : une clé précieuse

Le réseautage est très important. C’est ce qui va déclencher en partie le bouche à oreille. En effet, William nous explique comment il a fait connaître sa marque : « J’ai organisé plusieurs événements tels que des défilés et des concours d’égérie tout en maximisant une présence constante sur les réseaux sociaux. J’ai su rendre visible ma marque. » Au fur et à mesure, il pu constater que les vêtements proposés plaisaient. Il explique qu’il faut savoir s’impliquer pour cela : « Toutes ces actions font qu’aujourd’hui l’on me reconnaît dans le milieu du prêt-à-porter. Par ailleurs, Genève est une petite ville, ce qui donne l’avantage d’être rapidement connu. »

 

Une journée d’entrepreneur à plusieurs casquettes

William commence son activité deux à trois heures déjà avant l’ouverture de sa boutique. A ce moment-là, il se concentre sur la publication de ses collections via Facebook, Instagram, Snapchat et Twitter, et il répond aux divers messages reçus électroniquement.

Actuellement, il n’a pas d’employé. Ce n’est pas évident de travailler tout seul, mais il fait de son mieux. Il endosse plusieurs casquettes, il s’occupe de la publicité, de la communication, de la logistique, de la gérance de son site WTIsland.com, de la vente et du service clientèle. Il faut assumer tout cela et essayer de répondre à tout le monde en temps et en heure.

« Lorsque l’on est à son compte, il est essentiel de se lever suffisamment tôt. Il n’y a pas d’horaires de travail, je ne compte donc pas mes heures. Je me dis qu’un jour mes efforts paieront et je pourrai me permettre d’engager du personnel. », dévoile-t-il.

 

Travailler sans compter, sans pour autant s’oublier

« J’avoue que je n’ai pas vraiment de période spécifique pour me détendre. Je ne m’accorde pas beaucoup de temps. Il serait nécessaire que je me repose un peu plus et que je me consacre à faire autre chose comme des activités extra-professionnelles. Je crois que c’est important et je pense que cela me rendrait plus performant.

D’un autre côté, il y a cette pression permanente qui peut être stimulante et qui me permet de dépasser mes limites. Mais ce n’est pas toujours le cas. Plusieurs facteurs doivent être considérés : la gestion dans le retard des livraisons, l’atteinte du chiffre d’affaires fixé, le retour des avis des clients… Ayant le souci du détail, je ne me rends même pas compte que je bosse tout le temps ! »

 

Asseoir sa crédibilité

Ce n’est pas évident d’asseoir sa crédibilité en tant que jeune entrepreneur surtout à Genève, car c’est une ville où les grandes enseignes ont le monopole. Cependant, c’est possible. « En faisant preuve de ténacité, j’ai démontré aux gens ma capacité à proposer des produits de qualité et à organiser plusieurs événements. », nous explique-t-il. Il y a aussi la visibilité des tenues portées par ses clientes qui ont permis d’obtenir des retours positifs provenant de différents professionnels. « Je ne peux être que reconnaissant envers ma clientèle qui joue un rôle important. », souligne-t-il.

 

Les valeurs

« Mes mots clés sont la persévérance, la rigueur et le travail. Il y aura des obstacles et d’ailleurs il y en a toujours, mais j’ai foi en mon projet, ce qui m’aide à rester focaliser sur mon principal objectif. Si tu crois réellement en ton projet, il faut foncer et rien ne peut t’arrêter. »

Futurs entrepreneurs, voici mes conseils !

« Il faut y croire fermement et se rappeler que saisir l’opportunité de se lancer est à la portée de tous. J’ai commencé au bas de l’échelle, sans aide et avec un minimum de capital. On peut commencer de rien avec de l’ambition, du travail et surtout la rage de vaincre. Ce n’est pas simple, mais avec une forte motivation, celle qui permet le dépassement de soi et la remise en question, c’est réalisable. Des fois, vous allez être déçus de vous-même au point de vouloir abandonner mais l’auto-motivation vous permettra de ne rien lâcher. »

 

Pour suivre ce jeune entrepreneur : facebook WT Island; instagram wtisland; site web https://www.wtisland.com

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Mayika-Mylène Bolabo

Mayika-Mylène Bolabo


Mon management de proximité, axé notamment sur le bien-être de mes collaborateurs, me permet de fortifier une relation de confiance et de les amener à faire ce qui doit être fait parce qu’ils ont envie de le faire. En sus, ma capacité à soutenir chacun d’entre eux permettra l’accroissement des performances ainsi que l’atteinte des objectifs fixés par l’entreprise.

Ayant un leadership naturel, je suis en mesure de trouver l’équilibre entre les demandes des multiples parties prenantes interne et/ou externe à la société et les besoins de mes collaborateurs.

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