La vision d’un jeune entrepreneur : Interview du fondateur de Happy Sol

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Happy Sol

Face à une société de service et de technologies, qui a certes des avantages, cette dernière nous déconnecte de la nature et de notre essence, de notre humanité. Durant notre rencontre, Tanguy partage sa vision sur la révolution agro-écologique permettant de laisser faire la nature. C’est dans ce sens que Tanguy a ressenti le besoin de retrouver son autonomie en se réappropriant sa personnalité et de retrouver sa place dans le monde. En créant Happy Sol, cet adepte de la méthode Jean Pain retourne au « back to basic » en privilégiant la qualité à la quantité et dans un but de cultiver de la nourriture saine.

Une prise de conscience à l’origine d’Happy Sol

Le déclic au lancement de mon projet a été le besoin de cohérence personnelle. Tanguy nous explique : « Je ne peux plus me vendre, me sacrifier au veau d’or au mépris de mes valeurs personnelles. Mon approche culturale consiste à nourrir le sol, qui à son tour alimentera la plante qui servira à sustenter l’Homme. » Cela paraît une évidence, mais ce n’est pas du tout comme cela que fonctionne l’agriculture moderne. Pour cette dernière, le sol est un substrat (cela peut être de la terre, de la laine de roche, du plastique…) servant à créer une nourriture chimique dans un but d’alimenter la plante sous perfusion. Il en résulte des plantes « Frankenstein » qui pousseront dans un environnement artificiel, et qui ne donneront pas de fruits naturels. Le corps n’assimile pas complétement les produits qui ne sont pas naturels, ce qui peut générer des maladies.

« Je me suis rendu compte que beaucoup des maux dont on subit les conséquences aujourd’hui, sont liés au fait que l’on a délégué à l’état, à des entreprises ou à d’autres personnes beaucoup d’aspects essentiels de notre vie. » constate-t-il.

« Par exemple, on ne contrôle plus notre alimentation, l’industrie agro-alimentaire le fait pour nous. On ne gère plus l’éducation de nos enfants, on la délègue à des baby-sitters ou à l’éducation nationale ou à des profs privés. On ne s’occupe plus de nos parents, on les place dans une maison de retraite. »

Il poursuit en disant qu’à force de déléguer, nous avons perdu le lien, notre rapport à la nature à travers l’alimentation. Nous avons perdu notre rapport à la santé à travers la délégation au docteur. Avec le recul, nous nous rendons compte que toutes les choses que nous avons déléguées ne sont pas forcément bien faites. Si les médecins font bien leur boulot, pour quelles raisons les gens sont-ils aussi malades ? L’industrie alimentaire fait mal son boulot, car maintenant il y a énormément de maladie qui apparaissent, parce que nous nous nourrissons de manière incorrecte.

« Produire son aliment, c’est reprendre le contrôle sur ce que nous mangeons, donc sur notre santé. Au final, c’est se réapproprier une chose essentielle : l’alimentation. J’ai compris que si je souhaitais reprendre le contrôle sur ma vie et sur ma santé, cela passe, dans un premier temps, par la réappropriation des moyens de production alimentaire. »

 

Un mentor inspirant !

Tanguy nous dévoile que son mentor est Philippe Desbrosses qui est l’un des pionnier de la culture de graines de variétés anciennes de France ! Philippe Desbrosses n’avait rien à gagner, car à l’époque, personne n’avait cure de la production de graine. Il a quand même fait le boulot. C’est quelqu’un qui s’est inscrit dans sa cohérence et qui n’a pas dévié, quand il s’agit de passer à l’action. Philippe Desbrosses a monté le centre de formation de la ferme de Sainte-Marte après avoir repris la ferme à la suite de ses parents, pionniers de l’agriculture biologique dès 1969. Cet endroit est devenu un centre de formation pour le maraîchage bio qui a formé des centaines de stagiaires, ainsi qu’un conservatoire pour les graines de variété ancienne.

 

Des alternatives de production concrètes

« C’est à travers mes actions que je porte mes valeurs, c’est-à-dire la vision d’un modèle par rapport à un autre. », nous dit Tanguy. C’est la recherche d’alternatives de production qui ne soient pas juste jolies, pour faire de belles vidéos sur les réseaux sociaux et qui fassent rêver le monde, mais qui ont une approche concrète. Il s’est rendu compte qu’on ne change pas les gens en leur disant que ce qu’ils font ce n’est pas bien !

Au final, le discours n’est pas important s’il n’y a pas les actions qui suivent derrière. Et d’un autre côté, il y a une approche méthodologique et technologique qui est convaincante, car elle a déjà fonctionné dans les années 70. Il clarifie sa méthode : « Ce que je fais, c’est une adaptation de la méthode Jean Pain à l’utilisation sous serre, sachant qu’elle fonctionne à l’extérieur, mais beaucoup moins sous serre. J’espère qu’avec ma méthode, cela va changer. »

 

Une crédibilité acquise au fil des années grâce au réseau

Tanguy a acquis sa crédibilité au fil des années, en étant dans le milieu et en travaillant avec Philippe Desbrosses.

A titre d’exemple, une dame, qu’a priori il ne connaissait pas, a été convaincue par son projet. Elle a investi une somme conséquente dans son crowdfounding. « Après coup, j’ai réalisé que c’était la Directrice de l’association Wwoofing que j’avais rencontrée, il y a 8 ans dans le cadre de mon 1er projet Autonomia. J’avais déjà un réseau bien fait. » déclare-t-il.

Selon Tanguy, le réseautage est essentiel, parce cela permet de ne pas être seul. Par exemple, les réseaux sociaux sont très importants pour faciliter les échanges techniques et organisationnels. C’est comme de l’outsourcing gratuit, tant au niveau de l’acquisition d’information que de la diffusion d’information et d’un point de vue purement humain.

Un démarche agile au quotidien

Il n’y a pas vraiment de journée type dans la mesure où c’est un projet qui est créé de A à Z. Tanguy applique ses idées au fur et à mesure, par l’inspiration et la force du moment pour pouvoir avancer. Actuellement, il est dans sa phase de financement. « Je suis dans une démarche agile, de la même manière que les starts-up, à savoir : Il n’y a pas de planification bien définie. C’est une adaptation au jour le jour. », explique-t-il.

 

Travail et plaisir se confondent

Le fait d’accomplir une activité en cohérence avec mes aspirations profondes implique qu’il n’y a plus de différence entre le business et le plaisir. C’est contraignant en terme de gestion d’emploi du temps et d’allocation d’énergie disponible. Il commence un peu à fatiguer, car il y a  de nombreux paramètres à gérer, tels que la pression familiale et l’instabilité financière. Dans le cadre du projet, c’est quelque chose à ne pas sous-estimer car cela prend des ressources.

Lorsqu’on ajoute, une situation à gérer par-dessus une autre, cela devient intense. « Ce n’est pas facile, mais pas insurmontable non plus. Ce qui par moment à tendance à mettre sous pression, c’est lorsque je planifie tout correctement et que la seule chose qui va poser problème et celle qui me permettra d’avancer grandement dans mon projet. Avec du recul, cet obstacle me permettra à l’avenir de planifier un peu plus, tout en effectuant des économies. » conclue-t-il en riant.

 

La cohérence avec soi-même permet de franchir les obstacles

« Je me suis rendu compte qu’à l’époque, j’étais dans une logique où je culpabilisais les gens en leur disant « Faut pas faire ça, faut faire ça ! » », clarifie Tanguy. Au final, personne n’a envie d’être culpabilisé ou montré du doigt. Il poursuit : « Aujourd’hui, je suis dans une optique de mettre en œuvre un projet qui n’exprime pas explicitement le message que je vais faire passer, mais c’est le projet, en lui-même, qui l’incarne et le porte. » Grosso modo, c’est ce que dit Gandhi « Be the change you want to see in people ».

A travers son projet, il est en cohérence avec lui-même et c’est ce qui va générer des valeurs, des questionnements et de l’intérêt. « C’est se lancer avec la foi en disant qu’au final, on se sera bien marrés. » C’est la relation aux autres. « C’est aussi me dire que j’aurais appris des choses en termes de sagesse et de connaissance. C’est mieux que de rester dans son coin et de ruminer en se disant que le monde va mal ! Soit je gagne, soit j’apprends. », nous confie-t-il.

 

Futurs entrepreneurs, voici mes conseils !

Il est essentiel de s’assurer que le projet est en cohérence avec soi-même. C’est ce qui va former la bonne attention. Le mental est important, mais il ne faut pas oublier que votre corps s’exprime toujours. Il y aura toujours une prise de risque, qu’elle soit modérée ou pas, vous le constaterez à la fin de l’expérience. C’est aussi cela qui est sympa dans une aventure, sortir de sa zone de confort et du connu, en laissant place à l’innovation. Il y a de l’imprévu, de la mise en jeu et de l’insécurité.

Parfois, il y aura des déconvenues avec les gens qui étaient les premiers à vous soutenir et se démonteront par la suite. Il faut savoir que dès que l’on sort des codes, un soutien globalement passif est ressenti. Dans tous les cas, il n’y a pas d’échecs, c’est une expérience avec laquelle vous pourrez tirer des leçons.

 

Pour suivre ce jeune entrepreneur :  facebook ; Happy Sol_Projet

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Mayika-Mylène Bolabo

Mayika-Mylène Bolabo


Mon management de proximité, axé notamment sur le bien-être de mes collaborateurs, me permet de fortifier une relation de confiance et de les amener à faire ce qui doit être fait parce qu’ils ont envie de le faire. En sus, ma capacité à soutenir chacun d’entre eux permettra l’accroissement des performances ainsi que l’atteinte des objectifs fixés par l’entreprise.

Ayant un leadership naturel, je suis en mesure de trouver l’équilibre entre les demandes des multiples parties prenantes interne et/ou externe à la société et les besoins de mes collaborateurs.

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