Le nouveau capitalisme, sa société et sa terminologie

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capitalisme

Nouveaux médias, nouveau projet de société, nouveau monde : qu’en est-il aujourd’hui ?

Sommes-nous devenus des poissons rouges ?

Le poisson rouge tourne dans son bocal et il semble redécouvrir le monde à chaque tour. Des chercheurs scientifiques ont calculé la durée maximale de son attention, qui est de huit secondes. Ceux-ci ont également évalué la durée d’attention de la génération des millenials, qui a grandi avec les écrans connectés, à neuf secondes. Ils rapportent donc que nous sommes devenus des poissons rouges, enfermés dans le bocal multi-écran de nos machines, soumis au dictat de nos alertes et de toute sorte de messages instantanés.

Une étude de Melissa Hunt de l’Université de Pennsylvanie, publiée dans le Journal of Social and Clinical Psychology, évalue à 30 minutes le temps maximum d’exposition aux réseaux sociaux et aux écrans d’Internet. Au-delà, cela apparaît comme une menace pour la santé mentale. D’après cette étude, nos cas seraient désespérés, tant notre pratique quotidienne est celle d’une dépendance aux alertes de nos téléphones.

Le monde semble être davantage virtuel que réel

Un quart des Américains restent connectés 24 heures sur 24. La Suisse n’est pas en reste.

90% des habitants surfent sur le web, dont 4.2 millions d’utilisateurs sont actifs sur Facebook. Quant aux 18-30 ans, ceux-ci passent 5h par jour en moyenne sur les réseaux sociaux. Les compteurs explosent dès que nous nous intéressons aux 12-18 ans.

Ces statistiques prouvent clairement que les questions posées par les réseaux sociaux ne concernent pas que les jeunes générations. Les problèmes potentiels s’accentuent à rebours de l’âge. Les plus de 25 ans, pourtant ancrés dans l’univers digital, regardent scandalisés les plus jeunes qu’ils trouvent dangereusement dépendants. Pour ces digital natives ou “indigènes du digital”, le monde semble être davantage virtuel que réel. Ils passent près de 11 heures de leur éveil devant des contenus dits digitaux.

 

Quid de l’adolescence, va-t-elle devenir tout simplement impossible à vivre ?

Des études sont en cours pour mesurer l’impact de ces sollicitations permanentes sur nos cerveaux saturés, notre mémoire, notre sommeil, nos relations aux autres. Si notre capacité de concentration est descendue à huit secondes : « l’attention d’un poisson rouge », comment faire en classe pour suivre 45 minutes de cours qui vont sembler bien longs ?

 

Sommes-nous coincés dans un monde immédiat ?

Nous sommes tous sur le chemin de l’addiction : enfants, jeunes, adultes.

Telle est une partie du constat dans le livre de Bruno Patino “la Civilisation du poisson rouge”.

Les anciens du web s’organisent pour contrer cette tendance. Tel Tim Berners Lee, «  l’inventeur  » du web, qui essaie désormais de créer un contre-Internet pour annihiler sa création première. Et il n’est pas le seul. D’autres groupes s’organisent.

“Notre mission est d’inverser le déclassement humain en inspirant une nouvelle course au sommet et en réalignant la technologie avec l’humanité.”

“On assiste à un raccourcissement du temps d’attention. Nous sommes en train de devenir des poissons rouges. Vous ne pouvez pas faire quelque chose parce que vous voulez toujours faire autre chose. On vous coince dans un monde immédiat.” Régis Debray

Et les constructeurs de smartphones emboîtent ce même pas, de peur d’être taxés d’esclavagistes rendant addictifs aux technologies modernes. Des applications ayant pour but la gestion du temps d’écran ou d’en limiter le temps d’utilisation arrivent à point nommé.

 

L’économie de l’attention : nouveau capitalisme ?

Il semble que la servitude numérique est le nouveau modèle qu’ont construit les nouveaux empires (GAFA), peut-être sans l’avoir prévu, mais avec une détermination implacable.

Au centre de ce volcan, nul déterminisme technologique, mais un projet qui traduit la mutation d’un nouveau capitalisme : l’économie de l’attention. Il s’agit d’augmenter la productivité du temps en rendant accros l’utilisateur, pour en extraire encore plus de valeur en lui prenant toutes sortes d’infos, en échange de services gratuits.

L’accélération générale a remplacé l’habitude par l’attention, et la satisfaction par l’addiction. Et les algorithmes sont aujourd’hui les machines-outils de cette économie moderne.

Cette économie de l’attention est accusée de détruire, peu à peu, nos repères, notre rapport aux médias, à l’espace public, au savoir, à la vérité, à l’information. Il semble que rien n’échappe à cette économie qui préfère les réflexes à la réflexion et les passions à la raison.

D’aucuns s’interrogent : Est-ce que les lumières philosophiques s’éteignent au profit des signaux numériques ? Est-ce que le marché de l’attention serait la société de la fatigue ?

Une nouvelle terminologie

Selon Bruno Patino, l’influence du smartphone a donné lieu à de nouveaux comportements, voire même à de nouvelles maladies au sein de la population. En voici des exemples :

Athazagoraphobie

La peur d’être oublié ou ignoré par ses pairs. Cette dépendance affective est liée à l’envoi incessant de textos.

Nomophobie

La peur de se retrouver sans téléphone portable. Cette contraction de “no mobile phone” et “phobia” décrit la panique que peuvent éprouver certaines personnes face à l’éloignement de leur appareil.

Phubbing

L’acte d’ignorer des personnes physiquement présentes en regardant son téléphone, plutôt que de communiquer avec elles. Le nom de ce phénomène est issu des mots “phone” et “snubbing” (repousser ou snober en français).

Textonite

Une tendinite du pouce due aux gestes répétitifs des doigts lors de la rédaction de messages sur son smartphone.

Vibration fantôme

La sensation de ressentir les vibrations du téléphone ou de l’entendre sonner alors que celui-ci est inactif.

Zombiewalking

Le fait de archer dans la rue tout en regardant son téléphone portable. Une pratique non sans risque pour les piétons.

 

Les regrets, toutefois, ne servent à rien

Peut-être qu’il est temps de, non pas rejeter la civilisation numérique, mais de participer à sa transformation. Corriger sa nature économique et développer un projet post-transhumanisme pour renouer avec l’idéal humain.

 

Sources :

https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home/statistiques/catalogues-banques-donnees/communiques-presse.assetdetail.3782200.html

https://frankr.ch/infographie-les-medias-sociaux-en-suisse-chiffres-cles-pour-2018

https://www.lesechos.fr/2017/03/les-enfants-et-les-adolescents-de-plus-en-plus-accros-a-la-video-168976

https://www.grasset.fr/bruno-patino

https://fortheweb.webfoundation.org/principles/

https://humanetech.com/

 

Photo credit : publicdomainpictures.net by Марина Мельникова

Alessio Di Sanzio

Alessio di Sanzio


I am extremely passionate about humans and the digital revolution and disruptive approaches. I want to act as a partner with companies, NGOs or humans to help them reach success through using these new means of technology opportunities.

As a strategic and multi-disciplinary professional, I have had my fingers in many pies but my main focus is on helping growing business, improve profitability, increase capacity, improve management, develop sustainability, ensure compliance and achieve return on investment.

How? Thanks to the two main sides to my career:
* 20 years working with people as a consultant in the medical industry, small and medium businesses, banks the government and institutions.

* 11 years working for people, as part of an amazing Non-Governmental Organization engaging armed non-State actors towards respect of international humanitarian norms.

Outside of this business range, I'm committed to Press as a journalist and Photo Reporter in sports, social and humanitarian.

I want to change the way that people and business operate in a holistic manner; to give the chance and opportunity for humans to play a role in the future world. Let's begin together with your business transformation.

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