Les pièces emblématiques : le masque kwélé du musée Barbier-Mueller

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Nous abordons aujourd’hui une série d’articles sur les pièces emblématiques des musées genevois. Le but est de partir à la rencontre de ces musées à travers l’œuvre qui les représente le mieux. Chaque article sera donc consacré à un musée différent, que nous approcherons par le biais de leur sélection.

 

Le musée Barbier Mueller

Notre première étape nous amène au Musée Barbier-Mueller. Ce musée, fondé en 1977 par Monique et Jean Paul Barbier-Mueller, situé au cœur de la Vieille Ville, rassemble la collection privée d’Antiquité tribale et classique, d’Afrique, d’Océanie, d’Asie et d’Amérique la plus importante au monde.

Cette collection, qui est entreprise en 1907 par Josef Mueller, rassemble un grand nombre de chefs-d’œuvre, acquis tout au long de sa vie par ce fils né dans une famille bourgeoise de Soleure vers la fin du 19e siècle.

 

La pièce sélectionnée

Parmi toutes ces pièces, j’ai demandé à Laurence Mattet, directrice du musée, de me dire quelle en était la pièce emblématique ?

Son choix s’est porté sur un masque kwélé du Gabon. Ce masque a longtemps appartenu à Tristan Tzara ; poète, essayiste et théoricien de l’art, qui était l’un des fondateurs du mouvement Dada. Il « s’était laissé envoûter par les formes d’expression venues d’Afrique et d’Océanie. Il avait pioché le meilleur dans les plus grandes collections formées au début du XXe siècle par Carl Einstein, Félix Fénéon, Georges de Miré, James Johnson Sweeney et d’autres noms qui font vibrer les spécialistes. »

« En forme de cœur » et « peint au blanc de kaolin », il est admiré par de nombreux spécialistes de l’art africain, dont William Fagg qui en vante la grande sensibilité.

En 1988, 25 ans après la mort de Tristan Tzara, sa collection, depuis passée aux mains de son fils, est exposée à l’hôtel Drouot, principal hôtel des ventes de Paris. Le masque kwélé, qui a longtemps fait l’admiration de Jean Paul Barbier-Mueller, apparaît sur la couverture du catalogue de vente. De nombreux acheteurs sont intéressés par cette pièce d’exception qui est finalement acquise par Jean Paul Barbier Mueller.

 

Description du masque

Laurence Mattet en a fait une brève description qui en explique également sa fonction :

« D’une hauteur de 25,4 cm, ce masque en bois a été façonné par un artiste kwélé appartenant à une population vivant à l’est des Fang, dans la région chevauchant la partie nord de la frontière entre le Gabon et le Congo Brazzaville.

Les Kwélé sculptent des masques faciaux de quatre formes différentes, dont aucune ne semble avoir été portée normalement et dont beaucoup ne comportent pas de trous pour les yeux. Ils semblent avoir été sculptés pour être exposés dans les maisons consacrées au culte, même s’ils étaient souvent tenus à la main durant les cérémonies.

Raoul Lehuard, qui a effectué des recherches dans ce domaine, avait appris que ces masques étaient commandés après la naissance d’un garçon et qu’ils représentaient un esprit de la nature qui l’accompagnait lors de son entrée à l’école de la brousse, à l’âge de dix-huit ans. Les quatre types de masques représentent trois animaux et un homme, pibibuze. Les masques d’animaux – le gorille, l’éléphant et l’antilope – sont sculptés sous une forme géométrique stylisée. Ce célèbre masque « Tzara » représente un homme (pibibuze) dont les traits sont très schématisés. »

 

Difficulté du choix

Ce masque, qui est bien sûr l’un des fleurons du musée, est apparu comme un choix évident pour sa directrice, autant pour son côté esthétique et pour sa rareté que pour l’acharnement dont a fait preuve Josef Mueller dans sa quête.

Si vous souhaitez admirer ce masque, ainsi que de nombreux autres objets d’exception, pensez à visiter ce coin d’exotisme.

 

Lectures complémentaires :

Les pièces emblématiques des musées genevois par Tamara Zanetti

Un thé au Rath : Nouveau projet participatif du MAH de Genève par Tamara Zanetti

Your career journey : Tangible and Intangible Cultural Heritage by Giovanni Fiore

 

Crédit photo :

Masque kwélé du Gabon, Musée Barbier-Mueller, photo : Studio Ferrazzini Bouchet.

Tamara Zanetti Tamara Zanetti

Passionnée par l’art et la culture, j’ai étudié l’histoire ancienne, l’égyptologie et le copte à l’Université de Genève. Ces civilisations antiques complexes et parfois mystérieuses nous cachent encore aujourd’hui de nombreux secrets pouvant être révélés par l’archéologie et la philologie. A travers mes études, j’ai pu étudier ces pièces et traduire des textes regorgeant d’informations.
Je suis particulièrement intéressée par l’étude et la mise en avant des découvertes, des œuvres et du patrimoine culturel. De ce fait, la protection et la promotion du patrimoine sont pour moi des enjeux importants afin de comprendre notre passé.

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