Les pièces emblématiques : Les ghostnets du MEG

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Nous poursuivons notre série d’articles sur les pièces emblématiques des musées genevois. Le but est de partir à la rencontre de ces musées à travers l’œuvre qui les représente le mieux. Chaque article sera donc consacré à un musée différent, que nous approcherons par le biais de leur sélection.

 

Le Musée d’ethnographie de Genève (MEG)

Son histoire début en 1901 lorsque les collections publiques genevoises sont réorganisées. Il s’installe alors à la Villa Plantamour du parc Mon-Repos, au bord du lac Léman. Le musée d’ethnographie de Genève va obtenir un nouveau souffle lorsqu’Eugène Pittard, qui avait déjà organisé le don à la Ville des collections de la « Salle de la Réformation », devient conservateur en 1910, puis directeur en 1937.

L’accroissement rapide de la collection, va provoquer le déplacement du musée dans un espace plus grand au boulevard Carl-Vogt, en 1941.

En 1976, le musée obtient de la ville l’utilisation de la villa sise à Conches, récemment acquise, dans laquelle s’organiseront les expositions temporaires.

L’année 2014 marque un tournant important pour le musée, qui rassemble ses collections dans un nouvel espace construit pour l’occasion au boulevard Carl-Vogt.

 

La pièce sélectionnée

Le choix du MEG s’est porté sur le groupe de quatre ghostnets (filets fantômes) de Erub Arts and Cultural Centre acquis en 2017 par le MEG, par l’intermédiaire de Stéphane Jacob, spécialiste parisien des arts aborigènes. Ces œuvres réalisées par la communauté d’Erub, vivant proche de l’Australie, avaient été présentées dans l’exposition  L’effet boomerang. Les arts aborigènes d’Australie du 19 mai 2017 au 7 janvier 2018.

Elles sont réalisées grâce au recyclage des filets de pêche récupérés par l’association GhostNets Australia (GNA), composée de chercheurs, de gardes du littoral autochtones, de bénévoles et d’artistes. Cette association en partenariat avec des centres d’art et des associations de protection de l’environnement mettent en valeur ces filets.

Ce nouveau genre artistique est représenté au MEG par les poissons Raina et Lays, la Tortue d’Underdown Cay Merad, et le requin de récif Ged Nor Beizam.

 

Explication du choix

Commençons d’abord par un peu d’histoire…

La zone de pêche au nord de l’Australie est très convoitée, en majorité par les pêcheurs thaïlandais, indonésiens, vietnamiens et chinois qui pratiquent une pêche industrielle illégale. Ils utilisent d’immenses filets de pêche qui se détachent, se cassent, ou sont abandonnés.

Les animaux marins sont les premiers touchés, car ils s’emmêlent dans ces filets, les ingèrent ou sont empoisonnés par les éléments toxiques qu’ils dégagent.

« Dans ce cadre, Sue Ryan, artiste plasticienne et coordinatrice d’un centre d’art du cap York (Queensland), a été engagée pour développer des activités artistiques avec les filets fantômes. Des ateliers animés par des artistes non autochtones ont ainsi été organisés dans plusieurs communautés du cap York, des îles Torrès et du Territoire du Nord (Mapoon, Pormpuraaw, Bamaga, Aurukun, Horn, Hammond, Moa, Saibai, Erub, Groote Eylandt, South Goulburn et Yirrkala) entre 2009 et 2012. »

Des artistes aborigènes ont aussi adoptés ce projet qui a commencé comme une activité ludique pour devenir un nouveau genre artistique.

« De manière générale, les animaux marins menacés qui sont matérialisés par le biais des œuvres de cette installation ont souvent une valeur totémique pour les communautés aborigènes et insulaires du détroit de Torrès. De plus, l’art des ghostnets manifeste une connaissance fine de la faune et de la flore locales et témoigne du savoir et des savoir-faire multiples transmis de génération en génération. Ces œuvres ont connu un rapide succès au sein du marché de l’art, en Australie comme à l’étranger. »

Ces ghostnets sont ainsi des œuvres d’art, mais également des pièces engagées qui poussent à la réflexion.

 

Difficulté du choix

Ces œuvres s’inscrivent dans la politique du MEG qui appelle au questionnement. Elles interpellent les visiteurs quant à la surpêche et ses conséquences environnementales. Ces quatre ghostnets représentent l’engagement du MEG avec les communautés autochtones.

 

Pour lire les articles de la série :

Les pièces emblématiques des musées genevois par Tamara Zanetti

La pendule de cheminée du Musée Ariana par Tamara Zanetti

L’affiche du musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge par Tamara Zanetti

 

Crédit photo :

Les ghostnets ©MEG. Photo : Jonathan Watts

Tamara Zanetti Tamara Zanetti

Dans mon enfance je réfléchissais déjà de manière innovante lorsque dans mes cours de théâtre, nous devions choisir une œuvre, afin de créer une histoire autour de celle-ci, qui deviendrait la pièce que nous jouerions.
C’est là qu’est né mon attrait pour la réalisation de projets : participer de manière active à la concrétisation d’une idée, réaliser les recherches nécessaires, accompagner le déroulement et échanger avec les différents partenaires pour assurer un produit final de qualité.
Ma curiosité, mon organisation et mon écoute attentive me permettent de trouver rapidement des solutions adaptées et créatives.

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