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EPFL:

par Julie Bauer

 

Philippe Ory
Philippe Ory
© DR

Ouvert en 2006, le Centre de Carrière de l’EPFL (Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne) a pris récemment ses quartiers dans le nouveau Rolex Learning Center. Aider les étudiants tout au long de leur cursus et même au-delà, afin qu’ils bâtissent une carrière digne de leurs études et de leur prestigieuse école est l’un des buts principaux de l’équipe de Philippe Ory, le responsable du Centre de carrière. Zoom sur une structure encore peu répandue en Suisse, qui permet non seulement de faciliter les relations entre les entreprises et les futurs diplômés, mais aussi de planifier au mieux le parcours professionnel de ces derniers.

 

 

Quel est le rôle du Centre de Carrière de l’EPFL?

 

Le rôle du Centre de Carrière est triple : Tout d’abord, il aide les étudiants et les jeunes diplômés à s’insérer dans le monde professionnel grâce à des conseils, des informations, des préparations aux techniques de recrutement, des conseils pour faire son CV, des séances individuelles, des ateliers, des séminaires et des cours de préparation au Forum. Au total, sur les 7'500 étudiants susceptibles de recourir à nos services, 1'400 passent chez nous chaque année, ce qui représente 700 entretiens individuels et 700 cours ou conférences dispensés. Son deuxième rôle est d’encourager et d’aider les employeurs à recruter nos diplômés. Pour ce faire, nous avons mis sur pied un service professionnel qui comprend un système de Mailshots (envoi ciblé d’offres d’emploi par e-mail), le Recruitment Days - un mini-forum organisé pour une entreprise accompagné de prestations complètes, ce qui lui permet de voir beaucoup de monde en une journée. Cette formule intéresse de plus en plus les entreprises étrangères telles que Samsung ou Tom Tom - Pour nos anciens et actuels étudiants ingénieurs et architectes, une bourse à l’emploi est disponible en ligne. Nous opérons aussi une recherche active de profils par le biais de chasseurs de tête qui sélectionnent des spécialistes techniques dotés d’une capacité de management. Enfin, le troisième rôle du Centre de Carrière est de recueillir toutes les données pertinentes sur le monde du travail qui intéresseraient nos diplômés. Nous établissons ainsi un top employeurs (Elca, Nestlé, Rolex), nous menons des enquêtes pour comprendre le marché de l’emploi et nous possédons un pôle expertise travail. Nous sommes, par exemple, spécialistes sur les problématiques touchant aux permis de travail. Nous nous occupons aussi de la coordination et de la mise en place des stages d’ingénieurs désormais obligatoires dans le cursus de l’EPFL.

 

 

Rolex-Learning-Center
Rolex Learning Center
© Loic Gardiol

Quels sont les services que vous proposez aux étudiants?

 

Nous leur proposons des cours pour apprendre à constituer un dossier de candidature, réussir un entretien et démystifier l’Assessment Center. De même, nous donnons des cours de comptabilité, de finance, de gestion de communication d’entreprise, et des conseils individuels. Nous aidons aussi les personnes en quête d’orientation ou de réorientation en cours d’études, voire même dix ans après. Nous informons les gymnasiens, recevons les parents des futurs étudiants, les anciens diplômés, etc. Nous organisons des événements très populaires tels que des tables rondes de l’industrie sur des thèmes variés cinq à six fois par an au cours desquelles quatre à cinq anciens de l’EPFL qui travaillent dans le secteur font une présentation et apportent un témoignage personnel. Les conférences sont souvent suivies de rencontres avec les RH chasseurs de tête puis d’un apéritif, afin de faciliter les contacts en « one to one ».

 

 

Quels sont les liens que vous cultivez avec les entreprises et comment les entretenez-vous?

 

Il s’agit avant tout de liens commerciaux. Nous leur assurons une série de prestations ainsi qu’une visibilité. C’est le cas par exemple de nos sponsors qui payent chaque année pour figurer en tant que tel. Nous offrons un service de qualité professionnelle aux employeurs. Ces derniers sont de ce fait sérieux avec l’EPFL et ses étudiants. Par ailleurs, il n’y a pas de raison qu’une entreprise privée bénéficie d’une entreprise publique. De plus, cela nous permet de nous autofinancer.

 

 

Quels sont les profils que les entreprises recherchent le plus?

 

L’informatique et les sections transdisciplinaires. Il y a aussi actuellement une forte demande dans le génie civile, une branche qui n’est pas assez représentée à l’EPFL.

 

 

Les étudiants de l’EPFL sont réputés performants, cela ne suffit-il pas pour trouver un travail? Faut-il aussi apprendre à se vendre?

 

Près de 87,6% des diplômés trouvent un emploi dans l’année qui suit leur sortie. Pour les autres, certains cas sont particuliers. Notre rôle est de répondre aux préoccupations et faire en sorte que les étudiants aient un maximum d’outils pour réussir une carrière à la hauteur de leur formation et du prestige de l’école et ce aussi durant les périodes d’euphorie. C’est pourquoi, apprendre à se vendre est indéniable, car au niveau des ingénieurs, le marché est concurrentiel et dur face aux Chinois ou aux Indiens par exemple, puisque ce sont des métiers qui s’exportent facilement.

 

 

Rolex-Learning-Center
Rolex Learning Center
© Alain Herzog

Pourquoi le centre de carrière ne s’est-il créé qu’en 2006? Avant cela, il n’y en avait pas besoin?

 

Il s’agit d’une des conséquences de la prise de conscience que l’EPFL peut régater au niveau mondial. Comme nous voulons être parmi les plus grandes écoles, nous devons suivre le mouvement. Toutes les universités renommées sont pourvues d’un centre de carrière. C’est une carte de visite pour attirer les étudiants. Cela les rassure de savoir qu’il existe un centre d’aide. C’est un service relativement neuf, qui l’est aussi dans le reste de la Suisse. L’EPFZ a, par exemple, ouvert son centre en mars 2010.

 

 

Parlez-nous du Forum EPFL?

 

Il s’agit du plus grand et du premier Forum de Suisse fondé il y a 25 ans. C’est une manifestation bien rôdée. Elle comprend 150 entretiens, des stands et des présentations. Elle n’est pas organisée par le Centre de Carrière, mais par une association d’étudiants. Elle a beaucoup d’impact dans la vie de l’école et représente un gros succès pour les employeurs et les étudiants. Cependant, il est vrai que la participation des entreprises est moins importante en temps de crise. Le Forum donne l’occasion de mettre en contact les étudiants avec les employeurs. Comme la culture du monde de l’entreprise et du travail est faible, nous y remédions avec cette semaine de présentation complétée de deux journées de stands, et d’une journée start-up. Les directeurs des Ressources humaines nous déroulent le tapis rouge. Ils sont avenants, alors que le reste de l’année, il est souvent impossible de leur parler. Les étudiants peuvent ainsi réunir un maximum d’informations, les analyser, puis agir en conséquence.

 

 

Quels sont les domaines d’étude privilégiés par les étudiants?

 

Il y a des modes et des tendances. Historiquement, l’architecture a toujours été une de nos grandes sections. Pour la prochaine rentrée, près de 25% des étudiants se sont d’ailleurs inscrits dans cette discipline. Ensuite, parmi les douze autres sections, les plus plébiscitées en ce moment sont les sciences de la vie puis, de façon égale, l’informatique, le génie mécanique, la microtechnique et la physique.

 

 

EPFL
© EPFL

Les diplômés restent-ils en Suisse après leurs études ou assiste-t-on à une fuite des cerveaux?

 

A notre connaissance, il n’y a aucune fuite des cerveaux. Un grand nombre de nos diplômés reste en Suisse y compris la plupart des étrangers. L’EPFL remplit donc sa mission qui est de servir l’économie suisse.