L’aventure entrepreneuriale : le point de vue d’un jeune entrepreneur

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entrepreneuriat

 

Curiosité, liberté, indifférence, convoitise. Le mot entrepreneuriat suscite bien des émotions différentes selon les personnes. Chacun a sa vision de l’entrepreneuriat et plus ou moins envie de se mettre à son compte.

En Suisse, un peu moins que ses voisins européens, la création d’entreprise s’est démocratisée depuis ces dernières années. Et de plus en plus de jeunes se lancent dans l’aventure. Etapes importantes, idées, innovations, état d’esprit, style de vie, comment créer son entreprise ? Telle est la question sur laquelle nous allons apporter la lumière avec l’aide d’un entrepreneur genevois.

Gregory Tomas est un jeune homme de 26 ans, né à Genève, détenteur d’un Bachelor en science en économie d’entreprise. Il est le fondateur de The Portuguese Brothers, une enseigne de vente à l’emporter de spécialités portugaises.

 

Quelle est selon vous la toute première étape lors de la création de son entreprise ?

Je pense qu’il est essentiel d’identifier un domaine qui nous plaît. Quelque chose que nous ne connaissons pas nécessairement, mais qui nous passionne. Cette passion nous permettra de transmettre notre enthousiasme, et d’atteindre nos clients plus facilement.

 

Quelles sont les qualités requises pour devenir entrepreneur ?

Je pense que la première qualité pour devenir entrepreneur est de savoir observer. Un entrepreneur doit anticiper les besoins du consommateur en observant son environnement, son passé et son évolution. L’identification d’un besoin permet de réfléchir à l’innovation à apporter et débouche directement sur une opportunité de création.

Par ailleurs, il faut être rêveur, mais conscient de la réalité. Les obstacles que nous rencontrons en cours de route peuvent nous faire perdre de vue nos objectifs. Nous ne devons pas oublier qu’un bon entrepreneur est aussi un bon vendeur. Avant de nous lancer, nous devons réfléchir à la manière de tirer parti de notre opportunité et de la vendre.

 

Quelles sont les choses que vous feriez différemment, si c’était à refaire ?

Si c’était à refaire, j’essaierais de mieux gérer mon temps. Malheureusement, je trouve que j’ai passé beaucoup trop de mon temps à régler de petits problèmes de fonctionnement, chose que j’aurais pu déléguer à mon équipe. Je n’ai pas su, en tout cas au début, déléguer des tâches. J’ai appris pendant l’aventure à confier des responsabilités à mon équipe.

 

Qu’est qui a été le plus difficile lorsque vous avez créé The Portuguese Brothers ?

Mon plus grand problème a été de trouver du personnel en qui je pouvais avoir confiance. J’ai dû recruter des collaborateurs que je ne connaissais pas, apprendre à les connaître et leur faire confiance. J’ai eu les deux cas, le collaborateur avec lequel cela s’est très bien passé, et un autre moins bien.

J’ai donc par la suite appris à choisir mon équipe avec grand soin. Le succès d’un projet dépend de toute l’équipe et pas seulement d’un élément. Cependant, lorsqu’un élément ne fonctionne pas de la même manière, c’est toute l’équipe et le projet qui en souffrent. The Portuguese Brothers a connu un bon développement en peu de temps. Cela fut avant tout grâce à toute l’équipe qui travaillait avec moi pour améliorer les produits et l’expérience client jour après jour.

 

Quels ont été les plus gros obstacles ?

Avant de créer mon take-away, j’ai dû rassembler des gens autour de mon projet. Comment convaincre les gens de me suivre dans cette aventure ? Comment embaucher des employés alors que j’étais plus jeune et plus inexpérimenté qu’eux ? J’ai dû parler de mon projet à plusieurs personnes et j’ai dû convaincre beaucoup d’entre elles de me faire confiance pour pouvoir lancer l’idée. C’était pour moi l’un des plus gros obstacles pour me lancer dans cette aventure.

 

D’où vous est venu cette volonté d’entrepreneuriat ?

Je pense que ma volonté d’entreprendre est venu du fait que j’aime découvrir de nouveaux domaines et y apporter des solutions. Par exemple, avant d’ouvrir mon magasin, je n’étais pas du tout du secteur de la restauration. Cependant, je voulais découvrir ce nouveau monde. J’ai identifié un besoin et un changement dans le secteur avec l’arrivé d’UberEats. Je pense que c’est en apportant une perspective nouvelle avec des compétences différentes que nous pouvons apporter de l’innovation à un secteur.

 

Qui ont été vos inspirations ?

Je ne saurais pas donner un nom exact. Mais je pense que je prends un peu chez chaque personne que je rencontre. Dans le milieu entrepreneurial, on parle beaucoup de mentor. Des personnes qui sont là pour suivre notre activité et nous aider à la développer. Honnêtement, je n’en ai pas eu à proprement dit. Ma famille et mes proches m’ont beaucoup aidé et soutenu.

 

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui souhaite se lancer ?

Le premier conseil est d’accepter de perdre. Bien sûr, quand on lance une idée, on part toujours du principe qu’elle va plaire et fonctionner. Cependant, il faut garder à l’esprit que notre entreprise peut chuter à tout moment. Je pense qu’il faut investir et développer une activité en évaluant les risques objectivement.

Mon deuxième conseil est de choisir la bonne équipe. Je pense que bien s’entourer lors de la création d’une entreprise est réellement la clé du succès.

 

En conclusion, comment voyez-vous votre avenir dans l’entrepreneuriat ?

Un avenir fait de haut et de bas. The Portuguese Brothers a été pour moi une expérience inoubliable. J’ai énormément appris en très peu de temps. J’ai dû faire face à des situations complétement inattendues, auxquelles je n’aurais jamais pensé. Mais ce n’était rien face au sentiment d’accomplissement que cela a pu me procurer.

Peu de temps après avoir vendu The Portuguese Brothers, j’ai commencé à louer mon véhicule privé à des personnes qui en avaient besoin, plus pour occuper mon temps qu’à des fins financières. Le hasard des choses a fait que nous sommes étions en pleine crise suite au Covid-19, et que la demande pour mon véhicule a explosé. Du coup, je me suis lancé dans la location de véhicules un peu par hasard, à vrai dire. Après quelques mois d’activité, je viens d’acheter mon quatrième véhicule utilitaire, et tout autant de véhicules deux-roues.

Aujourd’hui, je fais de la location. Demain, j’essaierai sûrement un autre domaine.

 

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Photo credit : Image par Alexas_Fotos de Pixabay

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