Aya Farag, assistante sociale à l’Hospice général

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Hospice Général

Nous avons rencontré Aya Farag afin de partager avec nos lecteurs son parcours professionnel et son activité d’assistante sociale auprès de l’Hospice général.

Son parcours professionnel en quelques mots

Aya Farag nous a indiqué s’être retrouvée assistante sociale à l’Hospice général un peu par hasard. Après avoir effectué un Bachelor en relations internationales et un Master en socioéconomie, elle souhaitait s’orienter vers la responsabilité sociale des entreprises. Elle a alors fait un stage de six mois auprès d’une société spécialisée dans le conseil et l’accompagnement des entreprises sur leur responsabilité sociale. Ce domaine ne lui a toutefois pas convenu, car elle ne le trouvait pas suffisamment concret. Elle était donc extrêmement déçue.

Auparavant, en parallèle à ses études, Aya Farag s’était déjà familiarisée avec le domaine social en travaillant d’abord à la Croix-Rouge vaudoise, puis pendant près d’une année en tant qu’assistante administrative auprès d’une association œuvrant à la réinsertion professionnelle des jeunes.

En 2012, elle postule à un poste d’assistante sociale à l’Hospice général. Après deux entretiens, elle a la possibilité de faire un essai dans un Centre d’action sociale (CAS) et est engagée pratiquement immédiatement.

Aya Farag s’est tout de suite reconnue dans le cahier des charges qui correspondait parfaitement à sa propre vision du travail social. Elle est assistante sociale auprès de l’Hospice général depuis le mois de juin 2012.

 

Les motivations qui l’ont amenée à devenir assistante sociale auprès de l’Hospice général

hospice généralComme mentionné précédemment, Aya Farag s’est clairement identifiée au cahier des charges pour le poste d’assistante sociale à l’Hospice général qui lui a d’emblée semblé être fait pour elle.

L’institution cherchait en effet une personne faisant preuve d’empathie, à l’aise tant avec les gens qu’avec le cadre légal à respecter et les prestations financières, très rigoureuse sur le plan administratif et adoptant la philosophie de l’Hospice général.

Aya Farag aime trouver des solutions pour aider ses usagers, tout en respectant le cadre défini et en étant partie prenante de la philosophie de l’institution. D’ailleurs, à son avis, travailler en tant qu’assistant social à l’Hospice général sans partager la vision de l’aide sociale de cette institution étatique serait extrêmement difficile.

Apporter de l’aide et être utile à autrui sont manifestement des éléments qui ont toujours été au centre des valeurs et objectifs professionnels d’Aya Farag. Elle aime tout particulièrement accompagner, orienter les usagers et les guider, un peu comme un “tremplin”, avec l’objectif ultime de leur permettre de (re)trouver leur autonomie. Elle insiste sur le fait qu’il est primordial de croire en les usagers et de leur faire confiance car ce sont eux qui détiennent les solutions.

 

Les compétences, qualités et formations nécessaires pour l’activité d’assistant social

Selon Aya Farag, les compétences et qualités nécessaires pour exercer ce métier sont la capacité à analyser les situations dans leur globalité, avoir un esprit critique et neutre ainsi que l’aptitude à gérer ses émotions et à prendre de la distance. Il faut également aimer les gens et avoir de l’empathie, de la bienveillance, une écoute active, une bonne qualité de communication, être ouvert d’esprit, organisé, à l’aise avec les chiffres ainsi qu’avec le cadre légal et posséder une bonne connaissance du réseau social et des administrations publiques du canton de Genève. Il est particulièrement important d’être très polyvalent, compte tenu de la variété des tâches à réaliser et des différentes situations à gérer avec les usagers, qui vont de la personne ayant de la difficulté effectuer des démarches administratives à la femme battue, en passant par des individus touchés par des problèmes financiers ou de santé.

Le cursus habituel pour devenir assistant social est une formation spécifique d’une durée de 3 ans à la Haute école de travail social (HETS). Celle-ci n’est toutefois pas absolument indispensable, certains assistants sociaux à l’Hospice général ayant étudié d’autres matières comme la psychologie, les sciences politiques, le droit, l’histoire ou encore les religions. L’Hospice général propose par ailleurs une formation interne pour les personnes au bénéfice d’un profil correspondant à ce métier.

 

Les différentes facettes et tâches de son activité

Selon Aya Farag, le métier d’assistant social à l’Hospice général est extrêmement varié et peut être défini comme généraliste du domaine social. La moitié de son temps de travail est consacrée aux entretiens, l’autre moitié étant dédiée aux tâches administratives. A ce sujet, elle précise que le temps passé sur les démarches et travaux administratifs suite à un entretien avec un usager dépasse largement la durée de l’entretien lui-même. Les démarches sont entreprises en fonction des spécificités de chaque situation auprès d’une multitude d’organismes tels que les assurances sociales, la caisse de compensation, le service des prestations complémentaires, l’administration fiscale, l’office des poursuites, l’office cantonal de l’emploi, les institutions de prévoyance pour le 2ème pilier, etc.

Aya Farag réserve en général ses matinées pour ses différents entretiens concernant soit de nouvelles situations, soit le suivi d’usagers (une fois par mois), ou encore de permanence pour les gens qui se présentent pour la première fois sans rendez-vous au Centre d’action sociale (une demi-journée par semaine, en tournus avec les autres assistants sociaux). Elle a également des entretiens à l’extérieur pour des bilans de stage concernant ses usagers en activité de réinsertion professionnelle, et participe en outre à des réunions internes avec ses collègues assistants sociaux pour échanger sur les pratiques innovantes visant à améliorer l’efficience du suivi social.

Ses après-midi sont quant à eux généralement dévolus aux tâches administratives qui comprennent le traitement des courriels, les courriers, les demandes de fonds et de remboursement ainsi que les échanges avec d’autres personnes du réseau social genevois en fonction des situations. De plus, après chaque entretien avec un usager, Aya Farag rédige dans le journal social ce qui a été fait durant l’entrevue afin que l’usager concerné puisse être suivi par un de ses collègues assistants sociaux au cas où elle serait absente. Enfin, elle procède, une fois par mois et pour chaque usager, au calcul du droit aux prestations financières.

Compte tenu de la masse de travail administratif, chaque assistant social à l’Hospice général est épaulé pour les tâches purement administratives par un assistant administratif.

 

La plus grande satisfaction dans son travail

Le sentiment d’être utile aux autres en leur apportant soutien et conseils et en contribuant à l’amélioration de leur qualité de vie est ce qu’Aya Farag apprécie le plus dans son travail.

 

Les aspects de son activité qu’elle apprécie moins

Aya Farag n’aime pas être confrontée à des attentes auxquelles elle ne peut pas répondre – comme par exemple trouver un emploi ou un appartement pour le compte d’un usager, car il appartient à ce dernier d’effectuer les recherches -, tout comme le fait de ne pas être en mesure de pouvoir traiter toutes les situations de la manière qu’elle voudrait et de devoir prioriser en raison de la surcharge de travail.

 

Les évolutions et tendances dans son métier

Une forte augmentation du nombre de dossiers, principalement financiers, est observée. Selon les chiffres de l’Hospice général, le nombre de dossiers à l’aide sociale a en effet presque doublé sur 10 ans, passant de 6’882 dossiers en 2008 à 13’035 dossiers en 2017.

Aya Farag gère actuellement 85 dossiers, dont 80 dossiers financiers et 5 non financiers, pour une activité à plein temps.

Les dossiers financiers concernent les usagers recevant une aide financière de l’Hospice général. Les dossiers non financiers correspondent quant à eux aux usagers ne nécessitant pas de soutien financier, mais ayant besoin d’un accompagnement social, par exemple pour effectuer des démarches auprès d’administrations diverses.

Elle regrette de ne plus pouvoir, contrairement à ses premières années à l’Hospice général, aider les personnes âgées à remplir leurs documents administratifs, car elle n’en a plus le temps. Elle est donc obligée d’aiguiller ces personnes vers d’autres services, tels que le Service social de la Ville de Genève, Pro Senectute, etc.

 

Ses conseils aux personnes souhaitant devenir assistant social

Selon Aya Farag, le métier d’assistant social ne consiste pas à assister les gens à proprement parler, mais bien plus à les accompagner afin de les aider à trouver les solutions qui sont en eux.

Il est bien entendu nécessaire d’avoir de l’empathie et une bonne écoute, mais il est primordial de garder une certaine distance et un œil critique afin de ne pas se laisser submerger par les émotions.

 

Une magnifique success story

En conclusion, Aya Farag nous a raconté, avec un grand sourire communicatif qui en dit long sur son plaisir et sa satisfaction, un très bel exemple de réussite dans le cadre de son activité. Elle avait repris la situation d’une usagère traversant une période très difficile, car confrontée à la perte de son emploi ainsi que de son logement, un problème d’alcool et des difficultés sur le plan sentimental.

Cette personne a dans un premier temps été hébergée en foyer, puis elle a trouvé un appartement. Une fois son problème d’alcool résolu sous suivi médical, un projet de réinsertion professionnelle a été mis en place et elle a effectué plusieurs stages professionnels. Lors de son dernier stage, suite au départ à la retraite d’un collaborateur, elle a postulé pour le remplacer et a obtenu le poste. L’ensemble de ce processus aura duré dix ans, il faut donc parfois beaucoup de patience selon Aya Farag.

Michel Saillet About Michel Saillet

Conseil, analyse des besoins du client et de contrats, gestion et développement de clientèles et partenariats, négociation de prestations et contrats, encadrement d’équipes. Telles sont les activités que mon sens du contact, mon écoute active et ma communication positive m’ont permis de mener à bien tout au long de mon parcours professionnel, y compris dans des environnements internationaux et multiculturels.

De langue maternelle française et très à l’aise en anglais ainsi qu’en suisse-allemand, impliqué, ouvert, flexible, orienté service et solutions, j’ai l’intime conviction que le travail en équipe est le garant des meilleurs résultats. Je suis un fédérateur à l’esprit d’équipe marqué.

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