L’Armée du Salut : vue transversale d’une institution plus que centenaire

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Retour sur la fête d’été au Centre-Espoir

Petite virée du côté des cinq ateliers qui composent le Centre-Espoir de Genève : bois, céramique, jardin, polyvalent, et la boutique « Au présent singulier », lors de leur fête d’été 2022.

Les deux années précédentes n’ont pas permis cette joyeuse visite estivale pour les raisons que l’on peut deviner.

Les festivités ont repris progressivement ce printemps pour battre leur plein en ce début d’été. Qui s’attendait à une fête champêtre au milieu des bois, constituant la majeure partie du parc des Evaux, a bien vite laissé cette impression saugrenue aux vestiaires design du restaurant, hôte de l’événement.

Sous une prolongation en toile de tente, façon rencontre du drap d’or pour sorties d’entreprises, tout était réuni : tables savamment garnies, hôtesse pour cocktails spontanément créatifs, uniques et surtout rafraîchissants, animateur de musique variée et menu élaboré en quatre services. La présentation attrayante, genre nouvelle cuisine, d’un buffet au fond d’une salle spacieuse en bois clair, invitait les convives soulagés de s’extraire un moment à l’oppressante chaleur extérieure.

 

Centre-Espoir et Armée du Salut

Plus structurellement parlant, c’est l’Armée du Salut qui chapeaute deux entités :

  1. Les œuvres sociales, auxquelles appartient le Centre Espoir et ses cinq ateliers.

Parmi ces derniers, il y a celui où on travaille le bois, dans le quartier des Grottes. “L’Atelier Bois est une menuiserie et ébénisterie faisant partie des Ateliers de Réinsertion Sociale du Centre-Espoir. Il vous propose des prestations dans la fabrication et la rénovation de meubles et d’objets et est à votre disposition pour vos devis et commandes spéciales.” (Source internet : Atelier Bois du Centre-Espoir). Les participants conçoivent ainsi des meubles et des objets artisanaux sur mesure, et effectuent également de la restauration de bibliothèques et de chaises, par exemple. Les objets conçus à la main en petite série sont ensuite apportés à la boutique, cinquième atelier, pour la vente.man dancing

L’Atelier Céramique, quant à lui, « crée une large gamme d’objets faits main selon différentes techniques pour notre boutique, et effectue des commandes personnalisées pour des clients. (…) L’Atelier Polyvalent propose trois services distincts : la micro-édition, la création textile et le cannage de chaises. » En ce qui concerne l’atelier Jardin, il est situé en campagne, profitant ainsi d’un magnifique paysage. Les travailleurs s’occupent notamment du parc animalier.

2. L’église et la partie « évangélisation » dont nous allons parler.

Un peu d’histoire

L’Armée du Salut est née à Londres.

Créée par William Booth, c’est une enfant de la révolution industrielle et de l’exode rural anglais. De son premier nom East London Christian Mission (Mission chrétienne de l’est de Londres) en 1865, elle devient Salvation Army (Armée du salut) en 1878, avec pour devise initiale « Soup. Soap. Salvation. »

Son rôle était de propager la foi et de lutter contre la pauvreté, de soutenir les masses ouvrières des quartiers de l’est de Londres (East End) où s’entassait ce que Karl Marx appelait le « Lumpenproletariat ».

 

Idéologie et structure de l’Armée du Salut

D’obédience protestante méthodiste, William Booth pense que le changement social – et le progrès politique et économique qui en découle – passe par un changement intérieur et en profondeur de l’individu.

L’armée du Salut – comme son nom l’indique – est inspirée du modèle militaire. Elle est donc très hiérarchique. Par exemple, c’est le général Brian Peddle qui coordonne aujourd’hui l’institution au niveau international. Les membres portent également l’uniforme, possèdent un drapeau, et suivent des règlements précis, etc. « Dans chaque pays, elle est constituée sous forme de territoires. »

« (…) L’officier de l’Armée du salut (est) peut être ministre du culte. Son service est un apostolat. Homme ou femme, marié ou célibataire, il travaille à plein temps pour l’œuvre dans un ministère pastoral qui le conduit également à mettre en place des actions de secours envers les plus démunis. L’Armée du Salut forme ses cadres au sein d’écoles militaires. (…) Le soldat, fort d’une expérience spirituelle fondée, fait le choix de l’Armée du Salut comme Eglise. Il prend l’engagement personnel d’observer dans tous les domaines de sa vie les principes évangéliques. »

Les débuts de l’institution à Genève ne sont pas faciles et rencontrent une farouche opposition. « Mais le mouvement sera reconnu comme institution religieuse par le Tribunal fédéral en 1889. »

C’est donc une armée pour soutenir, aider, redonner du sens à la vie sous différentes formes selon les besoins, les régions et les époques.

 

Lectures complémentaires :

Aliph : une alliance internationale pour protéger notre patrimoine

« La prochaine pandémie sera numérique »

Patrimoine suisse : protégeons notre héritage national historique, urbain et rural

https://fr.wikipedia.org/wiki/Arm%C3%A9e_du_salut

 

Sources : centre-espoir.armeedusalut.ch

Photo credit : Lorenzo Romano

Lorenzo Romano Lorenzo Romano

Histoire, communication, peinture, architecture, psychologie et montage vidéo. Voilà autour de quoi s’articulent mes intérêts, mes domaines d’activités, mes passions.
Mes études m’ont donné une structure et une formation solide pour pratiquer bon nombre d’entre eux.
De caractère curieux et parfois déterminé, intrépide et rusé s'il le faut, je ne recule pas devant l’obstacle quand le sujet me plaît.
Historien de cœur et de formation, aimant les divers canaux de communication et reporter dans l’âme, je mets volontiers mes compétences au service de l’écriture.

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