Les métiers de l’historien en dehors du monde académique

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historien

 

L’histoire est un champ d’étude auquel une image un peu « poussiéreuse » est souvent associée. Les diplômés en histoire sont pourtant des personnes qualifiées, travailleuses et curieuses, qui ont beaucoup à offrir.

Les diplômés possèdent deux types de savoirs : les connaissances historiques elles-mêmes, liées à une période ou des sujets spécifiques, et les compétences sous-jacentes acquises au cours de la formation.

Quelles sont ces compétences ? Et surtout, où ces compétences trouvent-elles leur place sur le marché du travail ?

 

Les différents métiers de l’historien

Après avoir consacré plusieurs années à son étude, vouloir intégrer l’histoire à leur parcours professionnel est évidemment un souhait pour beaucoup de diplômés. Cependant, les connaissances historiques seules ne sont souvent pas suffisantes du point de vue de l’employeur. Elles nécessitent alors un complément de formation.

 

Enseignement

Quel étudiant en lettres, notamment en histoire, n’a pas été confronté à la question d’un interlocuteur bienveillant : « Ah, tu veux devenir prof ? ». L’enseignement est effectivement une voie possible, que ce soit à l’université en poursuivant une carrière académique, ou dans le secondaire. Dans le second cas, il est toutefois nécessaire d’avoir étudié une seconde branche, dite enseignable, ainsi que d’avoir effectué une formation pédagogique complémentaire. Si c’est une voie qui peut sembler tentante (pensons notamment aux longues vacances estivales), elle n’est de loin pas la seule qui s’offre aux diplômés.

 

Musées

Les musées, gardiens de l’histoire et de la culture, sont des institutions où les historiens peuvent trouver leur place. Les professions dans ce milieu sont variées. Par exemple :

  • Médiateur culturel. Le rôle de ces professionnels est d’être l’intermédiaire entre les collections et le public. Ils imaginent des concepts d’expositions ou d’évènements, ou encore rédigent des supports de communication, afin de mettre en valeur le patrimoine culturel des musées.
  • Collaborateur scientifique. Par leur savoir, ces professionnels participent à l’enrichissement et à la mise en valeur des collections.

Ici à nouveau, des connaissances supplémentaires liées au milieu muséal peuvent être requises. L’université de Genève, en partenariat avec les universités de Lausanne et de Fribourg, propose notamment un MAS en Conservation du patrimoine et muséologie.

 

Archives

Historien et archiviste sont deux professions distinctes, mais complémentaires. Les archives sont indissociables du contexte qui les a vues naître. Ainsi, les compétences en recherche des historiens leur permettent d’acquérir les connaissances nécessaires sur les fonds documentaires, afin de les traiter adéquatement. Une formation spécifique à l’archivistique est cependant demandée. La Haute école de gestion de Genève, par exemple, propose un master en Sciences de l’information.

Ainsi, l’obtention du master en histoire peut n’être qu’une étape dans un parcours de formation qui va se prolonger.

 

Autres domaines

Il existe également une multitude de métiers, auxquels on ne pense pas forcément, mais où les compétences acquises pendant les études en histoire sont précieuses.

Journalisme et communication

Ces deux domaines mobilisent des compétences que possèdent tous les historiens : la recherche d’information et sa transmission.

Pour un article ou un reportage, un journaliste doit collecter des informations, en pondérer la pertinence, les analyser, le plus souvent de manière autonome. C’est également là un des piliers du travail d’historien.

Savoir communiquer de manière adéquate et adaptée au public visé est également un atout dans ces domaines.

Administration

Pour venir à bout d’un cursus en histoire, où il est attendu des étudiants de faire preuve d’une grande autonomie, l’organisation et la méthode sont essentielles. C’est pourquoi ces derniers sont des éléments fiables dans les administrations où la rigueur et la précision sont de mise.

Les qualités rédactionnelles de ces diplômés sont également un atout précieux. En effet, habitués à rédiger des travaux de longueurs variables, tout travail de rédaction sera dans leurs compétences.

 

L’historien indépendant

Enfin, avoir étudié l’histoire permet aussi de devenir historien indépendant.

Bien évidemment, comme toute activité indépendante, celle-ci s’accompagne de l’incertitude liée à l’obtention de mandats et peut prendre plusieurs années avant de devenir une source de revenus stable. C’est pourquoi cette activité est souvent pratiquée en parallèle à une autre profession.

 

En résumé…

Quitter le giron de l’université après avoir étudié l’histoire, c’est se préparer à faire face à certaines dures réalités.

Pour rester dans le domaine historique, il faudra par exemple très probablement compléter son cursus pour se spécialiser dans certains milieux.

Pour travailler dans d’autres domaines, il ne fait aucun doute pour les concernés qu’ils possèdent largement les compétences nécessaires pour offrir un travail de qualité dans tous les domaines précités.

Cependant, encore faut-il que ces compétences soient reconnues du côté des employeurs potentiels, ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas. Ne reste qu’à leur ouvrir les yeux, et il ne fait aucun doute que les jeunes historiens sont à la hauteur du challenge.

 

* Dans cet article, le genre masculin est utilisé au sens neutre, pour désigner autant l’historien que l’historienne, et dans le seul but d’alléger le texte.

 

Lectures complémentaires :

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Les étudiants sont-ils trop formés dans les universités ? par 

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Sources :

https://www.orientation.ch/dyn/show/44924

https://www.unige.ch/lettres/istge/formations/pourquoi-etudier-lhistoire/

https://histoire.univ-nantes.fr/offre-de-formation/insertion-professionnelle

Photo credit : fizkes via istockphoto.com

Elena Cors Elena Cors

Souvent l’objet de nombreux clichés peu flatteurs, l’histoire est pourtant une discipline passionnante. Omniprésente, nous marchons dans ses pas et sommes confrontés à sa représentation et à sa réinterprétation au quotidien.

Diplômée en Histoire médiévale en 2019, je m’intéresse depuis particulièrement au médiévalisme, à savoir l’étude de la réception et des représentations du Moyen Âge dans les siècles qui ont suivi jusqu’à aujourd’hui.

Curieuse et créative, je m’exprime via l'écriture mais aussi le dessin. Je suis intéressée par le milieu éditorial, mais également par les archives historiques, la conservation du patrimoine et la médiation culturelle.

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