Les matières premières, sous un angle différent – 12. Le blé romain p.1

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La Suisse est une plaque tournante du négoce des matières premières. Saviez-vous que cette activité représente 4% du PIB suisse, et même 22% des recettes fiscales pour le canton de Genève ?

Nous continuons d’explorer ce vaste sujet sous un autre angle, et nous publions une série d’articles, en nous focalisant à chaque fois sur une matière première avec des anecdotes, des citations. Cette semaine, nous abordons le thème du blé romain. Une première partie sera consacrée à l’histoire du blé romain et la seconde partie traitera de la politique alimentaire.

 

Le commerce dans l’Empire romain au IIème siècle après J.-C.

 

 

 

blé romain

Le commerce dans l’Empire romain au IIème siècle ap. J-C.
Aux Ier et IIème siècles, l’Empire connaît la paix. Rome construit les voies romaines, de nouveaux ports. Le commerce se développe. C’est la Paix Romaine.

 

Le blé : aliment de base et principal produit échangé

L’agriculture est à la base de l’économie : la prospérité des autres activités comme l’artisanat et le commerce dépend du bon fonctionnement de la production agricole.

Le blé, élément base de la nourriture, est donc le principal produit échangé.

Il est essentiellement produit dans quatre provinces de l’Empire : la Gaule, la Sicile, l’Afrique du Nord et l’Egypte.

Le navire part du port d’Alexandrie pour se rendre à Ostie. Il met 23 jours pour atteindre sa destination.

 

Développement des activités commerciales

Le développement des activités commerciales est lié à l’expansion de Rome, à sa domination sans conteste des mers et des principales voies maritimes et fluviales.

Rome devient le cœur de tous les échanges.

Les nombreuses épaves de navires de commerce romains, retrouvées au fond des mers ces dernières années, constituent un témoignage évident de l’intensité des échanges et de la variété des marchandises transportées.

 

Port d’Ostie

D’ailleurs, compte tenu de ce que nous savons sur le transport du blé sous l’Empire, c’est en particulier le cas pour Rome. Avec une population de plus d’un million de personnes et donc une demande d’environ 400 000 tonnes, le blé ne pouvait arriver qu’en énormes quantités ; ceci est d’autant plus vrai que le blé n’est récolté qu’à certaines périodes de l’année. Pour assurer cet approvisionnement dans Rome seule, il fallait procéder à des importations de blé depuis les provinces d’Afrique et d’Egypte, ce qui demandait une organisation titanesque tant en navires qu’en administration : c’est dans ce but que le port d’Ostie fut aménagé.

 Si la ville semble remonter à la moitié du IVème siècle avant J.-C., la questure d’Ostie, chargée de gérer l’approvisionnement de Rome distant de 35 km, n’est instituée qu’en 267 avant J.-C.

blé romain

Le port d’Ostie. Une grande partie du blé était acheminée des provinces de l’Empire vers le port d’Ostie par la flotte de l’Etat.

Les personnages mesurent et chargent le blé sur une péniche qui va ensuite remonter le Tibre jusqu’en plein centre de Rome. La péniche est tractée par des bœufs.

blé romain

Chargement de blé dans une barque à Ostie.
Ces barques étaient tirées par des bœufs jusqu’à Rome.

Le navire le plus grand qui nous soit connu pour l’Antiquité est un navire céréalier : le Syracusia. Commandé par Hiéron II, tyran de Syracuse, et conçu selon toute vraisemblance par Archimède lui-même, on rapporte qu’il fallut une année entière pour le construire avec plus de 300 ouvriers.

Cependant, d’autres historiens mettent en doute l’existence de ce navire pour une raison simple : les témoignages sur ce navire ne sont relatés que par rapport à la vie d’Archimède plus de deux siècles après, et il était courant d’attribuer nombre de faits légendaires au célèbre ingénieur sicilien (dont l’histoire des miroirs incendiaires et le mot « Eurêka ! »).

blé romainEt aujourd’hui ?

La guerre en Ukraine affole les marchés des matières premières. Le cours de plusieurs céréales connaît une forte augmentation, ces derniers jours.

Le blé et le maïs atteignent des records historiques. A Paris, la tonne de blé gagne 20 % depuis le début du conflit, soit à 353 euros. Mercredi 2 mars, elle est même montée, à plus de 370 euros en séance. Du jamais vu !

Le blé suit la même tendance, sur le marché à terme de Chicago.

 

Dans la même série « Les matières premières, sous un angle différent » :

  1. Le chocolat
  2. Le tournesol
  3. Le café
  4. Le cuivre
  5. L’aluminium
  6. L’acier wootz
  7. L’étain
  8. L’hydrogène
  9. Le maïs
  10. Le riz
  11. Le coton

 

Sources : la Paix Romaine au travers du trajet d’un produits dans l’empire romain – La Classe d’Histoire (laclassedhistoire.fr)

Photo credit : La Classe d’Histoire (licence CC BY-NC-SA 4.0) ; commons.wikimedia.org

Pascaline Stella Pascaline Stella

I worked as an information officer in the field of commodities in a bank. I have 20 years of experience.
What I like most about my job is researching, find the right information and finally that people are satisfied with my work.
I'm passionate in history. I'm interested in social media, and I am familiar in community management

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